AGAPES FRANCOPHONES 2016

273 Cahiers Staëliens. Germaine de Staël et le groupe de Coppet : despotes et despotismes dans les œuvres du Groupe de Coppet, Édité par la Société Des Études Staëliennes, Nouvelle Série, No.65–2015, Honoré Champion, Paris, éditions Slatkine, Genève, 2015, ISSN0575–1276, 246 pages. « Cahiers staëliens » est la publication de la Société des études staëliennes dont le siège est à Genève et qui date depuis 1929. Les « amis » et les spécialistes des études sur le XIX e siècle romantique français trouvent ici une atmosphère amicale et dé- contractée, mais rigoureusement scientifique. Le numéroLXV e de la revue «Cahiers staëliens » réunit des études portées sur l’activité du Groupe de Coppet et de son haut-parleur, Madame de Staël ; il est divisé en trois parties : les deux premières sont dédiées à l’activité du Groupe de Coppet et aux œuvres publiées par ses intel- lectuels iconoclastes sur le thème du despotisme et des despotes ; la dernière partie, intitulée IN MEMORIAM, esquisse les portraits des chercheurs staëliens qui ont quitté notre monde l’année dernière : Martine de Rougemont (1940–2015), Mario Matucci (1920–2015), Lionello Sozzi (1930–2015) et RolandMortier (1920–2015). Les articles de la première partie sont précédés par une Présentation faite par Florence Lotterie, responsable en collaboration de ce numéro de la revue (à côté de Léonard Burnand et Francesca Sofia) ; elle y détaille les raisons du choix du thème, insistant sur l’expérience despotique visible dans la pluralité des modes d’écriture du Groupe de Coppet (essais, fictions, textes autobiographiques, etc.). Les études inclues dans cette partie sont signées par des chercheurs chevronnés en dix-neuvième siècle littéraire français en général et en littérature romantique, en particulier. Le premier essai, appartenant à Giovanni Paoletti, est intitulé « Despotisme et terreur : Le Groupe de Coppet et l’héritage de Montesquieu ». Les membres du Groupe sont inspirés par les idées de Montesquieu sur le terrorisme du despotisme, vu en tant qu’oppression d’un homme qui détient le pouvoir sur les autres. Ce phé- nomène est aperçu comme « phénomène hors d’histoire, de la raison et de la na- ture » (p.12). L’idée centrale de l’étude est que le despotisme peut être aperçu autre- ment : « forme spécifique de pouvoir » (p.15) ou comme un processus. Une re- marque intéressante de l’article est que l’on peut distinguer une situation géogra- phique orientale de ce processus. À la fin de l’article, l’auteur s’appuie sur quelques idées de Benjamin Constant sur de despotisme afin de démontrer combien fréquent était le débat sur les despotes à l’époque du début du romantisme. L’article intitulé « Les despotismes des modernes. Le laboratoire caché de Ma- dame de Staël, Sismondi et Constant », écrit par Stefano de Luca, commence par un préambule, qui a le rôle d’introduire le sujet proprement dit. On y découvre que, comme tous les substantifs terminés en -isme(s), le despotisme a connu des sens et des interprétationsmultiples. En plus, l’analyse sémantique de ce terme est un point fort de l’article, car celle-ci prenddiachroniquement en discussion le concept, exem- plifié au cours de l’histoire jusqu’ à l’introduction du despotisme chez les Modernes. L’auteur présente « la question terminologique » et « la question conceptuelle » vis- à-vis des remarques de Madame de Staël, de Constant et de Sismondi sur la signi- fication du despotisme.

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