AGAPES FRANCOPHONES 2017

L’écriture créative en FLE : le silence du texte littéraire la voix de l’apprenant _____________________________________________________________ 469 Fiche 4 Niveau : B1 Consigne : Racontez la même histoire en ajoutant des éléments de votre culture et des mots de langue maternelle. Texte déclencheur – Raymond Queneau – « Notations » ( Exercices de style ) : Dans l'S, à une heure d'affluence. Un type dans les vingt-six ans, chapeau mou avec cordon remplaçant le ruban, cou trop long comme si on lui avait tiré dessus. Les gens descendent. Le type en question s'irrite contre un voisin. Il lui reproche de le bousculer chaque fois qu'il passe quelqu'un. Ton pleurnichard qui se veut méchant. Comme il voit une place libre, se précipite dessus . Textes rédigés par les étudiants : Famille arabe à l’étranger Nous entrons dans le bus. Moi, ma mère, sa mère, ma belle-mère, mon mari, nos enfants et leurs cousins. Les femmes tiennent des sacs de shopping et parlent des robes et des chaussures. Les enfants se battent pour un jouet. Les cousins écoutent de la musique arabe. Juste après, je me rends compte que tout le monde nous regarde. Ma famille est si bruyante que je ne fais pas attention que le bus est si calme. Je dis Salam, avec un grand sourire. Ils continuent à nous regarder. Je me dis que ces gens sont trop sérieux et qu’ils ne s’amusent jamais. En regardant autour de moi j'aperçois un homme qui a un cou long et un visage très blanc. Il n’est sûrement pas un musulman. On voit la colère et la misère dans ses yeux. Peut-être qu'il a bu trop d'alcool. C’est triste et c’est haram. Il commence à hurler à un autre homme et il l’accuse de l’avoir poussé. Mes enfants crient aussi. Tout le monde nous regarde de nouveau. L'homme marche rapidement vers le siège qui est à côté de moi. Mon mari n’est pas à l’aise et il commence à s’énerver. Deux heures plus tard, je vois le même homme blanc, avec un autre homme qui lui dit : « Tu devrais faire mettre un bouton supplémentaire à ton pardessus. » Mais moi je pense qu’il pourrait éviter ce problème s’il portait un Jalabiya! (écrit par Ayia Saad) Un Arabe à l’étranger Ça fait déjà trois ans que je vis ici mais je ne me suis pas encore habitué à certaines choses. Hier j’ai pris un bus, quelque chose auquel je ne suis pas encore habitué à faire. J’ai regardé autour de moi afin d’observer tous les petits détails de ce véhicule. Soudainement, mon attention s’est focalisée sur une femme. Elle portait un hijab, elle semblait avoir environ vingt-six ans et elle avait un cou bizarrement long. Je crois que la religion, l’âge et l’apparence ne doivent pas influencer mon jugement. Il faut plutôt se baser sur le fond de la personne. Je me sentais, toutefois, à l’aise, peut-être parce que cette personne m’a rappelé ma ville natale. Elle se querellait avec une autre femme européenne mais je ne savais pas pourquoi. Par ailleurs, j’étais inquiète pour la femme voilée et j’ai aveuglement pris son parti. Je me suis même dit « haram » pour exprimer ma sympathie. Puis, elle s’est assise sur un siège vacant et je me suis dit « alhamdulillah ». J’ai été vraiment contente qu’elle ait trouvé un siège. Je ne comprenais pas les raisons pour lesquelles j’avais des préjugés contre la femme européenne. C’est peut-être à cause de la nostalgie de mon pays natal. Je pense quand-même qu’on a tous des préjugés inconsciemment. Un peu plus tard, ce jour-là, devant la Gare Saint-Lazare, j’ai vu la même femme avec son amie qui était aussi musulmane. Elle lui a dit que son hijab manquait d’une épingle. (écrit par Dana Sharawneh)

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