AGAPES FRANCOPHONES 2009
AGAPES FRANCOPHONES 2009 144 Il peut être défini par rapport à la sphère sémantique de la faiblesse. Tandis que la faiblesse représente un trait de caractère de la femme et se trouve en opposition avec le terme de sagesse, l’excès est l’antonyme de la mesure, de l’équilibre. Ainsi, dans le sémantisme large de la faiblesse se retrouve aussi l’excès, vu comme un élément qui trouble l’attitude, l’évolution et le caractère habituel de la femme. À partir de la stéréotypie sociale qui regarde les femmes comme les éléments du «sexe faible », les romanciers Laclos et Flaubert empruntent aux modèles féminins contemporains des traits importants pour construire leurs personnages, et même l’analyse psychologique, sociale et culturelle de cette classe de personnages constitue l’objet de notre article. Au cadre du sémantisme de la faiblesse, l’excès est constitué généralement par un sentiment fort (l’amour, la haine), par une prédilection (l’évasion dans la lecture, la quête de l’absolu) ou par une attitude envers la vie ou envers quelques aspects de vie (l’égoïsme). Les personnages féminins qui font l’objet de notre analyse font des excès. Ce qui favorise l’excès, c’est une faiblesse intrinsèque, une vulnérabilité de l’âme. Par la suite, nous considérons l’excès comme le résultat situationnel, concret de la faiblesse. L’excès montre l’incapacité du personnage de résister à quelque chose, de maintenir un équilibre bénéfique pour lui- même et pour ceux qui l’entourent. Bien qu’il s’agisse d’un sentiment trop fort, d’un projet trop rigoureusement pensé où tout simplement d’une prédilection pour la rêverie, tout ces aspects opèrent un grand et définitif changement dans la vie de ces personnages. Si au commencement ces situations semblent leur donner de la force, au fur et à mesure de leur évolution, elles se transforment en situations intériorisées ou en états d’esprit qui épuisent à un moment donné leurs ressources physiques, psychologiques ou sentimentales. De ce point de vue, l’excès opère premièrement à travers l’illusion du bien-être et de la réussite. Le germe de l’excès se trouve dans une prédilection ou dans une prédisposition spécifique à chaque personnage. Donc, l’excès comme marque définitoire de la faiblesse féminine peut être vu comme la somme de la prédilection/prédisposition et du contexte social et culturel de l’époque. 2. L’amour excessif L’un des excès qui caractérise une bonne partie des personnages féminins discutés est l’amour. L’amour commence à leur faire du mal et à les rendre
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