AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 156 than guidance falls into the remit of the libertine couple. Libertines and disciples alike will acknowledge that learning is a lifelong process, irrespective of one's cautious conduct. The casualty toll is higher than expected. According to the lesson Laclos teaches his readers, learning remains an intense double-edged experience. The subsequent essay constitutes, at the same time, the third chapter of my diploma paper, entitled Ecritures du corps. Sur Laclos . Keywords: sexual body, initiation, disciple, novel of erotic education, Eighteenth-century novel, libertine novel Une didactique tout à fait nouvelle Les mots empruntés au langage de la didactique foisonnent tout au long des Liaisons . Ce qui choque, sans doute, c’est qu’ils se trouvent toujours en rapport avec l’érotisme. Les maîtres se chargent de l’éducation des novices. Cependant, il s’agit d’un processus à double tranchant : d’un côté, ils leur font connaître ce dont on ne parle jamais ouvertement; de l’autre, les maîtres redoublent d’attirance par le rapport qui s’instaure entre eux et les disciples. C’est justement ce rapport mystérieux, une véritable liaison gouvernée par la Lettre, que je tenterai d’aborder dans les sections qui suivent: « Pourquoi écrire? », « Pourquoi lire? », « Formation des formateurs ou C’est en forgeant qu’on devient forgeron » et « Profil du maître ». Impeccablement déguisées sous un langage poussé à l’extrême, qui ne laisse rien transpercer de ce que l’on convoite, les tensions les plus violentes passent au XVIII e siècle du salon au lit, du social à l’intime sous la forme d’une pédagogie cruelle. Le non-dit qui semble gouverner les conversations frôle l’apprentissage de l’érotisme. Au-delà d’une prétendue prise en charge à des fins formatrices, les maîtres ne font que porter à ébullition le libido sciendi qui habite leurs disciples, les passions qu’ils nourrissent, les questions qui les troublent au plus haut degré. Ils les égarent plus qu’ils ne les guident, et cela sans même que les novices s’en doutent. Ils parsèment leur voie d’obstacles au moyen desquels ils redoubleront d’empire. Le maître libertin aimante par le savoir suprême qu’il est censé renfermer, un vrai passe-partout, celui de la possession et de la manipulation d’autrui, ou bien l’adresse qui le rend irrésistible aux yeux des femmes et spirituel aux yeux des hommes. Au XVIII e siècle, les rapports qui rattachent les apprentis aux maîtres n’excluent pas les rapports physiques blâmables de nos jours. Bien au contraire, à la fin du parcours les disciples auront acquis un savoir de la vie qui débouche sur l’apprentissage de l’érotisme.

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