AGAPES FRANCOPHONES 2009
AGAPES FRANCOPHONES 2009 173 tomba lentement le long de ce visage difforme et longtemps contracté par le désespoir. C’était la première peut-être que l’infortuné eût jamais versée. » (OC, 660). En plus, Esmeralda inspirera au bossu un dévouement profond qui fera concurrence aux sentiments qu’il éprouvait envers l’archidiacre. En fait, dès ce moment, Qausimodo sera déchiré entre ces deux êtres si différents, même opposés, car, selon Henri Meschonnic (1977) : « Chacun des protagonistes est une couleur. », et, tandis qu’Esmeralda est « lumière », puisqu’elle « répandait une lumière qui lui était propre. » (OC, 669), l’archidiacre, lui, est « l’homme noir », l’être « de nuit » (Henri Meschonnic, 81). 3. Le laid et les beaux, une comparaison ouverte Le personnage de Quasimodo est présenté en antithèse avec plusieurs personnages du roman. Il est tout d’abord opposé à Esmeralda. Si on considère les caractérisations des deux personnages, Quasimodo et Esmeralda, on se rend bien compte que le premier incarne la laideur et la monstruosité et l’autre la beauté et la grâce. Cette antithèse est soulignée par Quasimodo lui-même : Jamais je n’ai vu ma laideur comme à présent. Quand je me compare à vous, j’ai bien pitié de moi, pauvre malheureux monstre que je suis! Je dois vous faire l’effet d’une bête, dites. – Vous, vous étés un rayon de soleil, une goutte de rosée, un chant d’oiseau! – Moi, je suis quelque chose d’affreux, ni homme, ni animal, un je ne sais quoi plus dur, plus foulé aux pieds et plus difforme qu’un caillou! (OC, 761) Un autre personnage caractérisé comme beau dans le roman est le capitaine Phoebus de Chareaupers. Tout comme Esmeralda, il est associé à la lumière, il est soleil» par son nom, et son « splendide uniforme », ce qui l’oppose à Quasimodo (Henri Meschonnic, 82). Le bossu est soleil aussi car, « autour de cette sombre et malheureuse figure, il y avait rayonnement » (OC, 542). Pourtant ce n’est pas seulement dans cet aspect qu’ils sont différents, il y a aussi l’amour pour la Esmeralda qui les met en antithèse. Le contraste entre les deux cœurs est présenté d’une manière métaphorique dans le chapitre Grès et Cristal où : Un matin, en s’éveillant, elle vit, sur sa fenêtre deux vases pleins de fleurs. L’un était un vase de cristal fort beau et fort brillant, mais fêlé. Il avait laissé fuir l’eau dont on l’avait rempli, et les fleurs qu’il contenait étaient fanées. L’autre était un pot de grès, grossier et
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