AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 105 ethnique : « Je ne sais pas très bien ce que je vais faire maintenant. J’ai déposé des demandes d’immigration auprès des ambassades de plusieurs pays : le Canada, l’Australie, l’Afrique du Sud. Les États-Unis, j’en veux pas. » (SFC, 105) C’est une autre problématique socio-politique à laquelle Vi ş niec nous invite à réfléchir. Conclusion L’un des droits fondamentaux de l’homme est le droit d’être différent du point de vue culturel. Les guerres de l’ex-Yougoslavie et surtout la guerre bosniaque on lui a porté atteinte, comme le dénonce Vi ş niec. Mais, car il y a toujours un « mais », l’auteur a voulu universaliser le thème des pulsions ethniques et des répercussions dangereuses pour les peuples. Il existe de nombreux précédents de la guerre de la Yougoslavie des années 1990 qui ont choqué l’Europe et le monde par les cruautés auxquelles on a soumis certaines catégories ethniques. Ce n’est pas dans les Balkans que le racisme et l’antisémitisme sont nés, mais dans les sociétés prises pour civilisées et qui sont intervenues dans les conflits balkaniques comme des forces médiatrices. Cet exercice de compréhension de ce qu’il s’est passé en Bosnie a pour finalité une réévaluation de cet espace, pour ne plus perpétuer l’image des Balkans comme un tiers monde de l’Europe. C’est, peut-être, la motivation d’une certaine affinité de l’auteur pour cette région dont le destin s’est confondu avec celui de son propre pays. De plus, il soutient le fait que ces violences soient délimitées par leurs précédents dans l’histoire européenne et même mondiale, comme l’a affirmé Ricœur (2000, 5) : C’est un fait qu’il n’existe pas de communauté historique qui ne soit née d’un rapport qu’on peut dire originel à la guerre. Ce que nous célébrons sous le titre d'événements fondateurs, ce sont pour l’essentiel des actes violents légitimés après coup par un État de droit précaire, et, à la limite, par leur ancienneté même, par leur vétusté. Matei Vi ş niec attire l’attention sur le droit à la vie de chaque être humain, même d’un enfant né d’un viol ethnique. Il s’attaque aux atrocités commises sous la légitimité du nationalisme et il incite, comme l’affirme Grégoire Couette 4 (l’un des metteurs en scène de la pièce) à une permanence de la mémoire : il ne faut pas oublier que là-bas rien n’est réglé et aussi que, partout dans le monde, la bête humaine peut réapparaître à tout moment. 4 http://editura.liternet.ro/carte/27/Matei-Visniec/Despre-sexul-femeii-camp-de-lupta-in- razboiul-din-Bosnia.html.

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