AGAPES FRANCOPHONES 2010

S’attendre ou l’identité déclinée au féminin. Le cas de Chanson des mal-aimants de Sylvie Germain Bogdan VECHE Université de l’Ouest de Timi ş oara Roumanie Résumé. Notre étude se donne pour but de réfléchir autour de l’attente de soi dans le premier livre où Sylvie Germain met en scène une protagoniste à qui elle fait raconter l’histoire de sa propre vie. L’enjeu est double : d’un côté, l’abandon à la naissance équivaut à une interruption identitaire qui transforme l’existence en quête de réponses et de retrouvailles impossibles, ce qui imprime à l’attente un caractère réflexif. De l’autre côté, la perspective féminine et beaucoup plus intime que dans les autres livres – où le régime narratif homodiégétique, autodiégétique est abandonné –, incite à une réflexion, bien qu’indirecte, autour du spécifique de l’écriture. Serait-elle féminine, sous l’influence de la perspective choisie ? Ou bien réussit-elle à éviter les glissements des genres ? Abstract. The present study aims at pondering over self-waiting as dealt with in the first book written by Sylvie Germain where a female main character tells the story of her life. There are two issues at stake : on the one hand, being abandoned at birth equals an interruption of identity which later on transforms this character’s life into an endless search for answers and impossible reunions. Thus, waiting as a process turns onto the self. On the other hand, the very personal feminine perspective channeled through a homodiegetic autodiegetic narrative – abandoned in Sylvie Germain’s other books – incites to an indirect reflection on what could perhaps be a distinctive feature of her writing. Could it be regarded as feminine, due to the influence of the above mentioned perspective? Or is writing neutral enough to avoid gender shifting? Mots-clés: attente, identité, féminité, incomplétude, écriture Keywords : waiting, identity, femininity, incompleteness, writing Penser l’attente par le biais de la réflexivité équivaut chez Sylvie Germain à une démarche tragiquement narcissique. La source du tragique réside dans un instant d’interruption du Moi – ou même de refus initial – que subissent à un certain moment de leur existence nombre de personnages engagés ensuite sur le long et difficile chemin de la récupération identitaire. Abandon par les parents biologiques ( Chanson des mal-aimants ) ou mort

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