AGAPES FRANCOPHONES 2010
Le sentiment de l’aliénation dans Ils disent que je suis une beurette de Soraya Nini Ioana PU Ţ AN Université de l’Ouest de Timi ş oara Roumanie Résumé : Le roman Ils disent que je suis une beurette de Soraya Nini met en scène le personnage de Samia qui se construit autour du thème de l’aliénation : personnage déterritorialisé, en rupture avec sa famille et en quête de soi, qui vit un profond sentiment d’aliénation, de mal-être, la souffrance, l’humiliation, la stigmatisation étant des leitmotivs de sa vie en tant qu’individu appartenant « à la deuxième génération ». Élevée entre deux modes de vie et deux cultures, Samia devient le prototype de l’individu menant une existence sous le signe de l’altérité, car il appartient à deux univers différents, la France, le pays de sa naissance, et la famille, ancrée dans les traditions du pays d’origine, deux univers que le personnage essaie de réconcilier mais qui, à tour de rôle, le renient ou le marginalisent, à cause de sa double appartenance. Abstract: The novel Ils disent que je suis une beurette of Soraya Nini brings to life the character of Samia which is built around the theme of alienation: deterritorialized character, breaking with her family, in search of herself, who lives a strong sense of alienation, because of the suffering, of the humiliation, of the stigmatization which seem to be leitmotifs of her life as an individual belonging " to the second generation ". Brought up between two lifestyles and two cultures, Samia becomes the prototype of the individual who leads an existence under the sign of the otherness because he belongs to two different worlds, France, country of his birth, and his family, anchored in the traditions of the country of origin, two worlds that the character tries to reconcile but which, alternately, deny him or marginalize him, because of his dual identity. Mots-clés: aliénation, exclusion, mal-être, altérité, différence Keywords: alienation, exclusion, unhappiness, otherness, difference Les années '80 ont vu naître en France une littérature à laquelle écrivains et critiques n’ont pas réussi jusqu’à présent à attribuer une appellation unanimement acceptée : il s’agit d’une littérature écrite par les enfants des immigrés d’origine maghrébine qui sont nés sur le territoire français ou qui y sont arrivés dès leur enfance. On l’appelle « littérature beur » 1 , 1 La grande partie de la critique conteste cette dénomination (même si à un certain moment on la considérait comme neutre), de même que certains écrivains, qui n’acceptent pas qu’on les considère « des écrivains beurs », comme par exemple Leila Sebbar : « Quand on lui
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