AGAPES FRANCOPHONES 2011
Dans l’espace du poème. Sur les métasonnets de Paul Micl ă u Elena GHI ŢĂ Université de l’Ouest de Timi ş oara Roumanie Résumé . Le recueil Sonetul despre sine [ Sonnet sur le sonnet ] (2009) contient des pièces en français et en roumain, étudiées ici quant au nisus formativus (l’aspiration à la forme), au rendement métaphorique et au moule prosodique. Cette expérience poétique place notre francophonie, lettrée, savante, livresque, sous un jour nouveau. Relativement au hic et nunc du poème qui renvoie à lui- même, nous constatons que ce n’est pas une représentation, fût-elle objective ou subjective, d’une durée ou d’un lieu extérieurs. Le titre du sonnet « Temps-espace » est un des noms donnés à la chose en train de se faire, il désigne le sonnet lui- même comme univers créé, comme espace privilégié. Abstract. The collection Sonnet on the Sonnet [ Sonetul despre sine ] (2009) includes pieces in French and Romanian, analysed here with regard to nisus formativus (the drive towards form), the metaphorical fertility, and the prosodic mould. This poetic experience marks a new beginning for our distinguished, scholarly, bookish francophony. Regarding the hic et nunc of the poem that refers back to itself, we realise that this is not a representation, whether subjective or objective, of an exterior duration or place. The title of the sonnet “Time-Space” is one of the names given to the object in the making; it designates the sonnet itself as a created universe, a privileged space. Mots-clés : Micl ă u, métasonnet, moule prosodique, logos/Éros Keywords : Micl ă u, meta-sonnet, prosodic mould, logos/Eros 1. Réflexions sur l’être, dans l’espace-temps Au niveau du sonnet, l’expression de la pensée sur l’être, le temps, l’espace, le mouvement se condense, étant entravée par les dimensions limitées, domptée par les exigences rythmiques. Des formules concentrées y rendent compte du sentiment de notre finitude et de nos limitations face à l’infini et au néant que l’art défie. Comme dans le carpe diem ronsardien enclos entre les vers : « Quand vous serez bien vieille, le soir à la chandelle/ […]/ Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie », ou comme dans l’admirable « Recueillement » de Baudelaire : « […] Vois se pencher les défuntes années/ Sur les balcons du ciel en robes surannées/ […] Et comme un long
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