AGAPES FRANCOPHONES 2011
Entre les murs. L’aliénation de l’espace et de l’individu dans le roman Beur’s story de Ferrudja Kessas Ioana MARCU Université de l’Ouest de Timi ş oara Roumanie Résumé . Malika et Farida, les deux personnages féminins du roman Beur’s story de Ferrudja Kessas, mènent leur existence dans un espace de type carcéral : la banlieue. Territoire marqué négativement, où l’on nie et l’individu et l’espace, celle- ci acquiert une valeur symbolique : en tant que « prison », elle devient le symbole de la marginalisation, de l’exclusion des jeunes issus de l’immigration. Dans notre article, nous nous proposons d’analyser les différents éléments de cet espace participant à la construction et à l’évolution identitaires des deux jeunes filles : la maison, en tant que « cellule » de la prison, où l’on garde intactes les traditions ancestrales ; le HLM – espace infesté, où les relations interhumaines ont disparu ; la cité – un non-lieu, territoire de la misère, de la violence ; l’école, la bibliothèque, la rue en tant qu’espaces d’évasion. Abstract. Malika and Farida, both feminine characters of Beur's story novel of Ferrudja Kessas, lead their existence in a space of confinement : the suburb. Territory negatively marked, where the person and the space are denied, this space acquires a symbolic value: as "prison", it becomes the symbol of the marginalization, the exclusion for the young people stemming from the immigration. In our intervention, we propose to analyze the various elements of this space which participate at the construction and at the evolution of the identities of both feminine characters: the house, as "cell" of the prison, where are kept intact the ancestral traditions; the HLM - infested space, where the interhuman relations disappeared; the city - a territory of the poverty, the violence; the school, the library, the street as spaces of escape. Mots-clés : espace, individu, aliénation, enfermement, étouffement Key-words: space, individual, alienation, confinement, breathlessness Ils grandissent et lui ressemblent, à ce béton sec et froid. Ils sont secs et froids, [...] apparemment indestructibles, mais il y a aussi des fissures dans le béton : [...] sur le cœur, sur le front, déjà tout petit [...]. On ne se remet pas du béton. Il est partout présent, pesant, dans les gestes, dans la voix, dans le langage, jusqu’au fond des yeux, jusqu’au bout des ongles. (Mehdi Charef, Le thé au harem d’Archi Ahmed )
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