AGAPES FRANCOPHONES 2012

“Je suis presque infirme”: Catherine Pozzi ou comment passer la maladie dans l’écriture Sanda BADESCU Université de l’Île-du-Prince-Édouard Canada Résumé . L’article analyse les façons dont Catherine Pozzi (1882-1934) - poète, diariste et écrivaine - transpose l’intime de sa vie dans son journal. Une attention particulière est portée à sa relation avec le poète Paul Valéry, son amant pendant huit ans, et à la description minutieuse qu’elle fait de sa maladie chronique et fatale, la tuberculose, ainsi des remèdes disponibles à l’époque. Abstract . The article explores the ways that Catherine Pozzi (1882-1934) - poet, diarist and writer - transfers her private life in her journal. The focus of the analysis is on Pozzi’s relationship with the poet Paul Valéry, her eight year long lover, on the minute description she makes of her chronicle and incurable illness, tuberculosis, and on the remedies available to her at that time. Mots-clés : journal intime, maladie, autobiographie, Catherine Pozzi, Paul Valéry Keywords : diary, illness, autobiography, Catherine Pozzi, Paul Valéry Contemporaine de Marcel Proust, Paul Valéry, Rainer Maria Rilke, poète et auteur d’une nouvelle autobiographique, d’un essai philosophique et d’une vaste correspondance, Catherine Pozzi est connue surtout comme diariste 1 . Comme c’est souvent le cas pour les diaristes, l’auteure a choisi de ne pas faire connaître son journal pendant sa vie. Ses deux journaux intimes 2 ont été légués à la Bibliothèque Nationale et publiés ainsi cinquante ans après la mort de l’auteure sous le titre de Journal de jeunesse 1893-1906 et de Journal 1913-1934 . Ce qui nous intéresse dans l’œuvre de Catherine Pozzi c’est le rapport entre la manière dont elle transpose sa vie personnelle et ses aspirations artistiques dans un journal et la manière dont sa maladie chronique, la tuberculose, agit sur son écriture. Femme très douée pour l’étude des sciences et de la philosophie, Catherine Pozzi connaît ses qualités et son ambition. Après avoir suivi des cours à l’université d’Oxford en 1907 où elle prouve d’épatantes capacités intellectuelles, la jeune étudiante est autorisée à y revenir l’automne suivant (Joseph 2005, 15). Elle confie dans son Journal : 1 Pour une étude du genre autobiographique nous envoyons à l’ouvrage fondamental de Philippe Lejeune, Le Pacte autobiographique (1996). 2 Une analyse minutieuse du genre diariste nous est offerte par Françoise Simonet-Tenant dans Le Journal intime : genre littéraire et écriture ordinaire (1998).

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=