AGAPES FRANCOPHONES 2012
AGAPES FRANCOPHONES 201 2 213 En suivant Pierre Teilhard de Chardin, l’Amour est considéré en tant qu’ amour universel , « la seule façon complète et finale dont nous puissions aimer » (1955, 183), Amour-Énergie qui permet l’évolution vers le Point Oméga . Est-ce la vie de nouveau, portée pour nous par l’astre inattendu qui se déploie dans les airs, qui commence à ressembler à un nuage lumineux, ensuite à un ange, dont les ailes vont occuper toute la largeur du ciel ? La lumière qu’il répand va peut-être féconder les entrailles mortes de la Terre. Il ressemble à la lettre finale d’un alphabet ancien . (246) Le voyage est associé à la connaissance , à l’ initiation , au devenir , à la transformation . Une série de facteurs interviennent, s’entrecroisent, mais ce qui prévaut c’est la direction à suivre . Chez Vintil ă Horia, le déplacement dans l’espace inclut le motif de l’ ascension (par le symbole de l’ escalier , de la montagne , de la flamme , d’une bougie …) mais aussi et surtout par la découverte spirituelle , pour aboutir, à la fin du roman, à la certitude du survivre sous la lumière de l’Ange : Et nous tombons à genoux, tandis que la terre environnante laisse sortir de ses entrailles les morts dont elle est faite et qui reviennent à la vie sous la lumière de l’Ange . Collines et vallées sont devenues un vaste fourmillement, tandis que d’autres morts, redevenus vivants pour ce jour du Jugement, foisonnent dans les airs, tombant comme une neige , abandonnant les plus hautes Demeures, qui s’approchent de l’ancien noyau et reforment le germe primordial , concentrés ici par l’apparition de la dernière lettre du système. “ Blanca ”, chuchote Manuel, et je ne sais pas si c’est moi qu’il appelle ou cette lumière qui a toujours porté mon nom . (246-247) Dans une de ses lettres, Vintil ă Horia m’avait promis de me dévoiler la « naissance » de ce roman. Peut-être aurais-je mieux compris l’essence de ce qu’est cette approche, à travers les cordes d’un langage que l’auteur sait faire vibrer sous l’archet magique de son inspiration, en en faisant naître l’harmonie des ressorts sémantiques (et culturels !) amples et fort complexes. Je conclurai, en revenant sur le symbole qui sous-tend l’architecture du roman, la spirale : Le passé rejoint l’avenir à des tournants de plus en plus élevés. (108) Tout est à recommencer. Tout. Un peu plus haut, dans la même route. (217)
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