AGAPES FRANCOPHONES 2012
Voies et ...voix du silence dans Le Mirage 1 de Georges Rodenbach Claudia BIANCO Université de Messine Italie Résumé . L’étude qui suit est consacrée à Le Mirage (1901) , drame en quatre actes que Georges Rodenbach (1858-1898) a tiré de son célèbre roman Bruges-la-Morte (1892). En prenant comme point de départ la « dramaturgie du silence », qui fait son apparition avec la conception esthétique du théâtre de Zola, pour connaître son aboutissement naturel dans l’aphasie des pièces de Maurice Maeterlinck (voir Rykner 1996), il nous a semblé que le travail de Rodenbach, tout en assumant le rôle de « pivot » à l’intérieur de ces deux typologies spectaculaires – l’une penchant vers le réel, l’autre vers le surnaturel et le mystique – (voir Lilar 1952), s’insère parfaitement dans la tradition du cliché de l’esprit flamand. Nous allons analyser de quelle manière le drame répond à ces instances épistémologiques en démêlant la signification du non-dit du texte, notamment s’il y a un croisement générique à l’intérieur du texte, car il nous a paru possible que le roman fût destiné à la scène. 1 Le Mirage , drame en quatre actes, a été publié de façon posthume à Paris par les Éditions Ollendorf en 1901. Dans «Le monde artiste» du 1 er janvier 1899, on peut lire que la pièce « avait été récemment reçue au Théâtre Français », mais elle n’a pas été jouée (cité par Licari et Soncini-Fratta 1994, 50). Le Mirage est une réduction théâtrale que Rodenbach a tirée de Bruges-la-Morte peu avant son décès prématuré, le 25 décembre 1898. Par rapport au récit en prose, le texte scénique – dont la fabula ne subit pas de changements – voit la présence d’un autre personnage masculin, Joris Borluut, peintre flamand et alter ego du protagoniste, le veuf Hugo Viane. Il y a aussi sur scène l’apparition inquiétante de l’épouse morte qui se prénomme Geneviève. Si on lit la notice sur la pièce dans le dictionnaire de R. Frickx et R. Trousson (1989, 157-158), on apprend qu’elle fut jouée pour la première fois à Berlin en 1903, dans une traduction de Siegfried Trebitsch. De cette traduction, et avec le livret de Paul Schott, le compositeur allemand Erich Korngold tira une partition musicale, Die Tote Stadt (La Ville Morte ), représentée, en même temps à Cologne et à Hambourg en décembre 1920 . Elle a joui d’un très grand succès lorsque, en 1983, on en a réalisé un enregistrement télévisé en direct du Deutshe Oper de Berlin sous l’excellent ‘parrainage’ de Götz Friedrich (sur You Toube, le 26 mars 2008, par Arsace 86, une vidéo de 8 minutes a été mise en ligne). Pour plus d’approfondissements, nous conseillons la lecture de Detemmerman, 1983. et de Claudon, 1987. Sous le Label Arthaus Musik - Catalogue n° 1000432, 2001-, une version en DVD est disponible. L’enregistrement a été fait à l’Opéra national du Rhin par l’Orchestre Philarmonique de Strasbourg, dirigée par Jan Latham-Koenig. Nous rappelons que Rodenbach avait également écrit le drame en vers, en un acte, Le Voile (Paris, Ollendorff, 1897 ) , joué à la Comédie Française en 1894. Selon Claude de Grève, « c’était la première pièce jouée dans cette illustre maison. » (1987, 35). Si nous avions pu élargir ici notre étude de la pièce de Rodenbach, nous aurions, sans doute, eu recours à une comparaison avec la tragédie de D’Annunzio, La ville Morte (1896). En tout cas nous renvoyons à la version numérique du texte qu’on peut lire en pdf sur le site www.liberliber.it ainsi qu’à l’article de F.Claudon (1987).
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