AGAPES FRANCOPHONES 2012

50 AGAPES FRANCOPHONES 201 2 Abstract . The following study is dedicated to Le Mirage (1901), a four-act drama that Georges Rodenbach (1855-1898) took out from his famous novel, Bruges-la- Morte (1892). “ The theater of silence ” , which makes its first appearance with Zola’s aesthetic concept of the theater and then finds its natural outcome in the quasi- aphasia of the works of Maurice Maeterlinck, is taken as a starting point. Thus, it occurs to us that Rodenbach’s work is the lynchpin of two spectacular typologies — one, leaning toward the real, and the other, toward the mysterious and supernatural (see S. Lilar 1952). They insert themselves perfectly into the cliché tradition of the Flemish spirit. We will analyze the manner in which this work responds to these epistemological instances, clarifying the significance of what is hidden and not said in the text, notably if there is a generic intersection between the two typologies previously explained, since it seems possible that the novel was intended to be played out on stage. Mots clés : théâtre, Flandre, silence, mélange de genres, sensualité Keywords : theater, Flanders, silence, mix of genres, sensuality Le silence est l’élément dans lequel se forment les grandes choses, pour qu’enfin elles puissent émerger, parfaites et majestueuses, à la lumière de la vie qu’elles vont dominer. (M. Maeterlinck, Le Trésor des Humbles, 1986, 15) « Est-il vrai que les mots perdent un grand nombre de leurs forces dans le ténèbres ? » Question intrigante et inquiétante à la fois que celle de Maurice Maeterlinck ( Menu propos ... 1985, 55). Mais pour peu que l’on connaisse son théâtre, il faudrait répondre par la négative 2 . Il est évident que l’un des écrivains majeurs du Symbolisme exige que l’on réfléchisse sur l’importance et la valeur du silence : [...] Le Silence nous embrasse [...]. Qui de nous n’a connu ces minutes muettes qui séparent les lèvres pour réunir les âmes ? Il faut les rechercher sans cesse. Il n’y a pas de silence plus docile que le silence de l’amour : et c’est vraiment le seul qui ne soit qu’à nous seuls. ( Le Trésor des Humbles 18 et 22) 2 Le théâtre en question est celui de ses premières pièces en un acte, en particulier L’Intruse et Les Aveugles , drames du silence, de l’attente et de la mort, récemment republiés dans la Petite trilogie de la mort (2012), dont l’édition critique est établie par Fabrice van de Kerckhove et à laquelle nous renvoyons pour et par son incontestable exhaustivité. Il serait trop long, dans l’espace qui nous est réservé ici, d’indiquer en détail les œuvres critiques de et sur Maeterlinck. Nous nous limitons à signaler la « Préface » à son Théâtre en trois volumes (Slatkine, 1979), l’ Introduction à une psychologie des songes et autres écrits, 1886/1896 (Labor, 1985), volume riche en commentaires et en essais concernant son esthétique et sa conception du théâtre et, enfin, son livre capital, à savoir Le Trésor des Humbles , de 1896 (Labor, 1986). C’est dans ce dernier qu’on peut lire « Le tragique quotidien » , l’essai le plus emblématique de l’auteur du Pelléas.

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