AGAPES FRANCOPHONES 2012
Mythes en images : Médée, Orphée, Œdipe , textes réunis par Brigitte Bercoff et Florence Fix, Dijon, Éditions Universitaires de Dijon, 2007, collection « Écritures », 162 p. ISBN 978-2-915552- 67-6. L’ Ut pictura poesis , la trichotomie littérature ~ mythe ~ art, le rapport fort productif mythe ~ image, l’iconographie cinématographique, ce sont des sujets de réflexion que les chercheurs du Centre de Recherche « Interactions Culturelles Européennes » de l’Université de Bourgogne se sont donnés pour points d’interrogation dont les réponses y proposées sont autant audacieuses que provocatrices à penser. Ce recueil, paru en 2007, regroupe, sous la direction de Brigitte Bercoff et Florence Fix, onze études sur trois figures mythiques du Panthéon grec et sur leurs images en céramique ou avatars littéraires, picturaux, cinématographiques : Médée (sept), Orphée (trois), Œdipe (une). Les contributeurs montrent que le matériau mythique peut être expliqué, interprété, façonné et imagé selon l’engagement esthétique de l’époque artistique en question : de l’Antiquité (la céramique du IV e siècle av. J.-C.) à notre époque (les films de Pasolini et Cocteau). Si le recueil invite à un voyage à travers les siècles, la première halte obligatoire serait la première de couverture, illustrée par Médée et Jason de Gustave Moreau (1865), une reproduction parlante pour le recueil tout entier, encadrée de noir – et par ce contraste elle est mieux mise en lumière -, au sujet de laquelle le lecteur trouve des explications détaillées dans la contribution riche et dense de Brigitte Bercoff (p. 101-112). L’avant-propos signé par Brigitte Bercoff, outre qu’il explique le ressort du recueil : « comment les mythes, que nous connaissons sous formes de récits, apparaissent-ils dans les images ? » (p. 5), est, en égale mesure, une étude interdisciplinaire largement documentée sur les mythes et leurs transfigurations imagées. Du même avant-propos nous apprenons aussi que ce furent maints facteurs qui ont débouché à ce livre dont la tenue scientifique est appréciable : un cours intitulé « Littérature, mythe et art », proposé aux étudiants de lettres et sciences humaines, deux journées d’études par an organisées dans le cadre du Centre de recherche susmentionné, un séminaire mensuel entre les chercheurs. Ces activités et réflexions communes tracent le parcours des recherches qui font preuve d’un dialogue dont nous, les lecteurs, pouvons imaginer l’effervescence. La littérature dramaturgique et épique de l’Antiquité propose ses récits d’après les mythes – Esquille, Sophocle, Euripide, Archiloque -, mais il y a des épisodes appartenant toujours aux mythes qui ne sont pas racontés, ni représentés, ni écrits, mais retrouvables dans les images sur les cratères à volutes (de la céramique attique : Anne Claire Soussan, p.17-24), sur les fresques dans le temple de Venus Genitrix à Rome ou dans la Basilique d’Herculanum (Évelyne Prioux, p. 40-60) ou bien dans les toiles
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