AGAPES FRANCOPHONES 2013
1 Ce travail est financé par des fonds nationaux par le FCT – Fundaçăo para a Ciência e a Tecnologia, dans le projet «PEst-OE/ELT/UI0500/2011». V. http://www.bnf.fr/documents/biblio_litterature_africaine.pdf. 169 Mouvances diasporiques chez Léonora Miano et Angeline Solange Bonono : le voyage extérieur et le voyage intérieur* Maria de Fátima O UTEIRINHO Université de Porto, Portugal Institut de Littérature Comparée Margarida Losa Résumé. Les ouvrages de LéonoraMiano et d’Angeline SolangeBonono donnent à voir des questions sociales, ayant partie liée avec des expériences migratoires. En partant d’une approche comparatiste afin de penser les mouvances issues d’un déplacement, il s’agira de réfléchir, d’une part, sur les enjeux soulevés par une expérience et condition diasporiques et chez Miano et chez Bonono, et, d’autre part, de penser des déclinaisons du voyage à signe apparemment dystopique, aux prises avec la déterritorialisation et le questionnement iden- titaire dont une France noire subit les enjeux. Abstract . The works of LéonoraMiano andAngeline Solange Bonono present social issues partly linked tomigration experiences. Based ona comparative approach of themovements resulting from a displacement, we aim, on one hand, to reflect on the issues raised by the diasporic experience and condition in thewritings ofMiano andBonono; on the other hand, to reflect on travel declensions, apparently dystopian, dealing with deterritorialization and identity questions, endured by a black France. Mots-clés : Léonora Miano, Angeline Bonono, diaspora, déclinaisons du voyage Keywords : Léonora Miano, Angeline Bonono, diaspora, travel declensions En 2010, la direction des collections du département de Littérature et Art de la BibliothèqueNationale de France publiait une bibliographie sélective sur La littéra- ture africaine en français cinquante ans après les indépendances. Dans ce docu- ment, l’offre de textes littéraires était organisée sur trois volets : des auteurs clas- siques liés à l’oralité et à la Négritude, une nouvelle génération liée à la Migritude et une littérature jeunesse. Et, dans la présentation de ces ouvrages, on observait que « La littérature féminine est quant à elle la fille des indépendances. C’est à partir des années 70 que se manifeste en Afrique une écriture féminine autonome. » 1 Deux ans plus tôt, en 2008, sur le site Lire les femmes écrivains et les littératures africaines , Jean-Marie Volet, traçait le parcours, au fil du temps, d’une écriture afri- caine au féminin, référant les ouvrages écrits à l’époque des Indépendances, lesquels « propos[aient] un vaste tour d’horizon de la société africaine et reflet[aient] les multiples préoccupations des femmes de l’époque », ceux des années 1970 « marqu[ant] bel et bien une prise de conscience de l’importance de la parole fémi- nine en Afrique et sa consécration dans tous les genres », ceux de la décennie de 80 traduisant « les premières explorations féminines de thèmes traditionnellement ré- servés aux hommes » (Volet 2008). Et, en outre, Jean-Marie Volet soulignait que « bien des problèmes évoqués dans les années 1970–1980 se retrouv[aient] encore
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