AGAPES FRANCOPHONES 2013
17 Allocution d’ouverture du CIEFT 2013 Thierry S ÈTE Directeur de l’Institut Français de Timişoara Madame la Présidente d’honneur, chère Madame Arjoca, Madame le Vice-Recteur de l’Université de l’Ouest de Timişoara, Otilia Hedeşan, Madame le Doyen de la Faculté des Lettres, Dana Percec, Madame la Présidente du colloque, Ramona Maliţa, Mesdames les organisatrices du colloque, Mesdames et Messieurs, Je vous remercie de l’honneur que vous faites à l’Institut Français de Timişoara en m’ayant invité à l’ouverture du X e Colloque International d’Études Francophones. Le thème de « Voyage(s) » en est à la fois singulier et pluriel, ce qui laisse la part belle à la recherche, à la réflexion et au rêve. Dans votre appel à communications sont évoquées de nombreuses pistes de tra- vail. Le (-s) voyage (-s) y est/sont appréhendé (-s) dans une « transversalité aussi intérieure qu’extérieure ». Qui dit transversalité, on dit réseau, notamment Internet. Du coup, aux axes ex- plicitement évoqués dans l’appel à communications, j’ai envie d’ajouter celui du voyageur électronique, vrai-faux voyageur à travers lesmilliards de pages d’Internet. Internet, cette bibliothèque/médiathèque gigantesque, dépendante de la technologie auplus haut degré, réservoir fabuleuxmais périssable d’une partmajeure des savoirs et recherches humaines, fragile au regard de longues périodes historiques, oui, bib- liothèque fragile dans la durée certes, mais totale et même totalitaire dans l’ultra- présent où nous pourrions être exilés si nous n’y prenons garde. Si l’on arrêtait en ce 15 mars 2013 tout ajout à Internet, chacun de nous pourrait y faire mille voyages de mille ans chacun, si vie lui était prêtée pour ces pèlerinages singuliers (et pluriels...). Il y aurait matière à bien des récits, bien des « Voyages au- tour de ma chambre ». Je cite un court extrait de cette œuvre parue en 1794 et dans laquelle Xavier de Maistre - qui était aussi peintre - notait : « Que la peinture est un art sublime ! pensait mon âme; heureux celui que le spectacle de la nature a touché, qui n’est pas obligé de faire des tableaux pour vivre, qui ne peint pas uniquement par passe-temps, mais qui frappé de la majesté d’une belle physionomie et des jeux ad- mirables de la lumière qui se fond en mille teintes sur le visage humain, tâche d’ap- procher dans ses ouvrages des effets sublimes de la nature. […] l’imagination se perd dans les routes silencieuses de ce pays idéal; des lointains bleuâtres se confondent avec le ciel, et le paysage entier, se répétant dans les eaux d’un fleuve tranquille, forme un spectacle qu’aucune langue ne peut décrire. » Cette créativité n’est pas toujours le propre de bien des voyageurs électroniques. Le voyageur d’Internet produit peu d’images lui-même, vibrion plus immobile que créateur, œil plus passif qu’actif. Il lui faut faire attention à la magie du clic. Car
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