AGAPES FRANCOPHONES 2013

Mourad ABDELKEBIR Université de Limoges, France 28 Les multiples références aux inter textes historiques mettent en parallèle trois voyages d’exploration du contient américain : il y a d’abord le voyage de Pitsémine et Jack en quête de Théo; il y a également celui des premiers pionniers du XIX ème siècle qui cherchaient la terre du bonheur, puis il y a celui de Jacques Cartier et des autres explorateurs français du XVI ème siècle qui sont venus découvrir le territoire. Dans ce roman, le langage aussi est un thème important qui révèle la répétition du terme et expression anglais, comme par exemple, l’emploi d’un vocabulaire étranger à différents jeux, des mots pour multiplier les sens et les jeux de significations, jeux de langage utilisant parfois le français, mais surtout l’anglais. La langue véhicule toujours la culture, la coutume de l’autre, aussi un espace d’accueil, de liberté, d’une diversité culturelle. En revanche, la femme métisse est imaginée comme une âme sœur, solidaire comme le personnage central, elle partage le même goût des livres, cherche à trouver son identité, découvre dans le voyage pour savoir tout ce qui con- cerne leur tradition et culture à travers l’autre. Elle veut rester un certain temps à San Francisco, elle pensait que cette ville où les races semblaient vivre en harmonie, était un bon endroit pour essayer de faire l’unité et de se réconcilier avec elle-même. Pitsemine se trouve à un tournant encourageant, permettant une forme de désalié- nation personnelle. On comprend que le rêve américain serait le métissage, cette altérité assumée, laGrande Sauterelle se sent particulièrement heureuse à SanFran- cisco après avoir fait une tentative pour se réconcilier avec elle même près de la tombe d’un vieux chef indien. Le rêve s’arrête pour les voyageurs, pour ceux qui ont refait ce chemin initiatique des ancêtres et ont fini par trouver leur chemin, pour la Grande Sauterelle le bonheur serait de rester à San Francisco. Conclusion Nous pouvons dire que ce rêve de ces deux personnages qui ont surmonté leurs fron- tières identitaires se réalise sous la forme d’une rencontre, ce qui donne à l’écriture cette beauté, ou si l’on veut, l’esthétique de l’œuvre. Un élan particulièrement lumi- neux traverse les deux personnages ; mais cela ne signifie pas qu’ils soient iden- tiques. En outre, ne pas savoir qui on est, c’est tout simplement être métis (se) dans sa culture, sa race, être soi-même et l’autre à la fois. Mais ce rêve s’arrête avec tous les voyageurs, car ils sont dans d’autres univers où tout est possible. Pour ceux qui ont refait ce chemin initiatique effectué autrefois par les ancêtres ; ils ont fini pour trouver aussi leur chemin comme la Grande sauterelle… le bonheur serait de rester à San Francisco, Jack va prendre l’avion pour Montréal. Cette belle histoire est une liaison mystique qui durera en dépit de la distance et éclairera le chemin des deux personnages à travers l’immense Amérique. Elle est le parcours de deux âmes qui cherchent la liberté, les valeurs suprêmes et qui resteront unies, séparées par des milliers de kilomètres, ils ont compris que ces frontières sont imaginaires. Texte de références Jacques Poulin, VolkswagenBlues, Montréal, Québec, Amérique, édition, Babel, Actes Sud, 1984. Bibliographie critique Todorov Tzvetan, La conquête de l’Amérique, Paris, Seuil, 1982. Paul Ricœur, Soi même comme un autre, Paris, Seuil, 1990. Fathi Triki, La stratégie de l’identité, Paris, Arcantères, 1998.

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