AGAPES FRANCOPHONES 2014

L’écriture dans le (con-)texte « intranger » 1 Ioana MARCU Université de l’Ouest de Timişoara, Roumanie Résumé : Dans notre contribution, nous nous proposons d’analyser le statut de l’écriture dans le contexte , respectivement dans le texte « intranger ». Bien qu’elle ait fêté l’année dernière ses trente ans, la littérature des « intrangers » occupe toujours une place problématique. Certains critiques lui reprochent un manque de travail esthétique, l’inscription de l’intrigue dans la « beurville » ou une langue d’écriture périphérique, défiant les normes linguistiques de l’Académie. Mais s’agit-il seulement d’une « sous- littérature » ou pourrait-on parler, malgré tout, d’une littérature tout court ? Pour ce qui est du « texte beur », on remarque que certaines auteures créent des personnages féminins passionnés par l’écriture. Pourquoi ces jeunes filles écrivent-elles ? Le font-elles pour se raconter, se confier, pour avouer leur tristesse, leur souffrance à un confident précieux, muet, pour s’évader vers d’autres horizons ? Nous appuierons notre analyse sur les romans Ils disent que je suis une beurette de Soraya Nini et Nuit d’encre pour Farah de Malika Madi. Abstract: In our contribution, we propose to analyze the status of writing in context, respectively the text "intranger." Although it celebrated last year its thirty years, the literature of "intrangers" always occupies a problematic place. Some critics blame it for an esthetic lack of work, the inscription of of the intrigue in the "Beurville", for the writing language, defying linguistic norms imposed by the Academy. But is it just a "sub- literature" or could we speak, despite everything, about a literature as such ? Regarding the "beur text", we note that some authors create female characters passionate about writing. Why do these girls write? They do it to confide in, to confess their sadness, their suffering to a valuable confidant? We base our analysis on the novels Ils disent que je suis une beurette (1993) of Soraya Nini and Nuit d’encre pour Farah (2000) of Malika Madi. Mots-clés : intranger, littérature, écriture, banlieue, écrivaine Keywords : intranger, literature, writing, suburb, writer Les enfants d’immigrés maghrébins auront à lutter pour que les écrits accèdent à une lecture, à une « visibilité » ou une « lisibilité » non stigmatisée […]. Les auteurs « beurs » sont bons à occuper les banlieues ou les ZUP de la littérature. Ils ont écrit des témoignages, dit-on, et non des textes littéraires. Soit. Mais quelle prose, mais quel poème ne témoigne pas des anges et des démons qui ont rongé l’écrivant aussi bien que l’époque qui l’ont engendré ? N’est-ce pas l’une des nobles missions de tout écrit que de faire acte du temps, trace mémorable ?... N’est-ce pas ouvrir là un faux procès ? La littérature des jeunes d’origines maghrébine est une littérature jeune et en tant que telle elle souffre sans aucun doute des travers et de la fragilité de toute littérature jeune, mais ne doit-on pas d’abord lui laisser la chance de mûrir et de se décanter avant de la déclarer nulle et non avenue ? Azouz Begag et Abdellatif Chaouite, Écarts d’identité 1 Le présent article reprend des idées développées dans notre thèse de doctorat intitulée La problématique de l’ « entre(-)deux » dans la littérature des « intrangères » (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, à soutenir).

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