AGAPES FRANCOPHONES 2016

117 (Le) Désert de J.M.G. Le Clézio comme parabole R OXANA -E MA DREVE Université « Babeş–Bolyai » Cluj-Napoca, Roumanie Résumé. Le but de notre article est d’analyser la complexité littéraire du roman Désert, écrit par J.M.G. Le Clézio en 1980, tout en essayant de mettre en lumière les événements marqués par la parabole, le mythe et la métaphore. Livre à structure binaire, dont les deux parties, « Le bonheur » et « La vie chez les esclaves » indiquent l’existence d’un univers à la fois universel et individuel, le texte du lauréat Nobel s’insinue souvent à la lisière du sacré et conduit le lecteur vers une initiation qui sous-entend un périple spatial en dehors des li- mitations chronologiques. Le parcours de l’enfant mystérieux sera, à ce niveau, relié au vo- yage à rebours ou à la tentative de s’approprier l’univers de l’« entre-deux ». Abstract. The aim of our article is to analyze the literary complexity of the novel Desert, written by J.M.G. Le Clézio in 1980 and present the elements that are connected to the myth, the legend and the metaphor. The two parts of the novel, « Le bonheur » and « La vie chez les esclaves » indicate the existence of anuniversal, but at the same time individualized fictional world, often placed at the border between the sacred and the profane, thus impli- cating sometimes a spatial trip beyond chronological limitations. The walks and journeys are in this sense related to memory and its loss, idea that points towards the fact that the ideal universe children are travelling to is in many cases, a non place or a place in between. Mots-clés : voyage, enfance, guerre, parabole, parent. Keywords: voyage, childhood, war, legend, parent. Introduction Le roman Désert écrit par J.M.G. Le Clézio en 1980 et qui reçoit le prix Paul Morand continue même à présent de déployer ses connexions riches et productives en ce qui concerne le mythe, la métaphore et la parabole. Si Mondo et autres histoires nous transportait dans un univers dominé par des enfants heureux dont la joie et le bon- heur étaient presque utopiques, Désert s’affirme définitivement comme livre à struc- ture binaire, où le rêve et la réalité se cristallisent dans un monde à la fois tragique et irréel et où la parabole, la narration des histoires et le mythe joue un rôle décisif pour la formation de l’enfant. Le but de notre article c’est d’analyser la richesse litté- raire du désert apportée par le biais de cette double postulation, tout en nous appu- yant sur la mise en relief de l’errance, de la guerre et du silence rencontrés dans les deux parties du roman, « Le bonheur » et « La vie chez les esclaves ». Selon cette perspective, le désert devient un espace limite, en même temps universel et intime. L’orphelin : un passé, deux enfances Dans l’article « Désert », publié dans le n°326 de La Quinzaine littéraire, le 1 er juin 1980, Jean-Michel Maulpoix affirme que le texte écrit par J.M.G. Le Clézio est à la fois un poème tragique et un roman émerveillé, où l’univers enfantin apparaît en tant que royaume ou lieu d’exil. En effet, suite à l’analyse de la dynamique textuelle, trois catégories distinctes d’orphelins apparaissent dans ce roman leclézien. Il s’agit d’un côté des personnages qui ont perdu leurs parents dans la petite enfance, tels

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