AGAPES FRANCOPHONES 2016
Ramona MALITA (Une) Introduction 17 la surprise, en rompant avec les habitudes traditionnelles de penser ; faisant surgir l’inattendu au milieu du banal, la parabole est là pour parler d’autre chose, elle est confiée entièrement au récepteur qui la reçoit comme un mystère. Le texte qui- gnardien en propose d’infinies ramifications. Il s’agit d’un tisse qui inclut tous les textes essentiels avec leurs infinies commentaires et interprétations, aussi complexes que contradictoires, l’auteur s’érigeant dans une sorte de « secrétaire culturel » hanté par la passion de l’érudition. Mónika VARGA dans sa contribution L’homme impliqué dans le Royaume de Dieu. Les visées de la communication christique en paraboles s’intéresse à la com- munication théologique de l’homme avec la divinité, surtout à la facilitation de la compréhension du message christique. Sonia ZLITNI FITOURI, La parabole soufie dans Le Livre du sang d’Abdelkébir Khatibi. Une étude sur l’ascèse mystique et sur le chant soufi qui servent, dans le roman marocain Le Livre du sang, à la démonstration que ce récit est une écriture extatique. Khatibi puise cette dynamique narrative dans le patrimoine culturel arabo-musulman que sont Les Mille et une nuits et l’expérience soufie où coexistent le monde réel et l’espace du désir ; la structure de l’extase conduisant à la « mort- vie ». Linguistique Héraldique et parabole biblique : quelles liaisons ? Eugenia ARJOCA-IEREMIA dans son étude sémiotique sur Le pouvoir protéiforme de la parabole biblique : le symbolisme de la fleur de lis des armoiries royales françaises montre qu’il y a des rapports spirituels étroits entre le blason royal français « d’azur semé de lis d’or » et la parabole biblique sur les soucis de la vie, comprise dans l’Évangile selonMatthieu, 6 : 25–28. Se demander encore une fois sur le statut discursif de la parabole, voilà une dé- marche nécessaire. Claire STOLZ le fait dans son intervention Contextes des para- boles oùelle distingue clairement la parabole des figures demétaphore et d’allégorie, figures qu’elle englobe et utilise, mais auxquelles elle ne se réduit jamais. Parcourant le cadre rhétorique dans lequel a été pensée la notion de parabole depuis l’Antiquité jusqu’à lamodernité, Claire Stolz insiste sur la singularité énonciative de la parabole qui se présente toujours comme un discours enchâssé ; en transcendant la frontière entre discours profane et discours religieux, la parabole est un vrai genre de dis- cours, qui se manifeste à travers différentes scénographies. La parabole, en tant que phénomène langagier, est l’idée centrale de l’article d’Estelle VARIOT, La parabole, perspectives linguistiques et culturelles à travers des auteurs valaques et moldaves, illustrée dans les premiers ouvrages conservés du monde oriental. Grâce à l’écriture et à la diffusion par la copie des ouvrages à ca- ractère religieux, la parabole témoigne les bouleversements que les sociétés ont con- nus pour aboutir à la situation actuelle, avec leurs convergences au niveau européen qui conduisent à une différenciation des niveaux de langue et à un recours à un fond commun des sources d’inspiration où l’homme et l’animal coexistent. La parabole constitue aussi unmélange d’influences orientales et occidentales qui fait intervenir, suivant les langues, différentes stades linguistiques, des niveaux de langue et des aires sémantiques variés.
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