AGAPES FRANCOPHONES 2016
Agapes Francophones 2016 16 Combien étrange pourrait être l’alliance des termes « parabole » et « fantasti- que » ? se demande et nous provoque Anca MURAR dans son étude Paraboles fantastiques ou la révélation du mystère de l’être où elle essaie d’investiguer ce rapport mystérieux. Le récit fantastique, à l’instar du texte parabolique, se propose d’entrevoir un essentiel perdu ou oublié et le cheminement d’une descente dans l’opacité de notre chair. Si le narrateur du récit parabolique est un excellent orateur, le « fantastiqueur » est un « faiseur d’illuminations » qui lève le voile des apparences pour révéler une image intégrale issue de l’inconcevable union des contraires. Certes les sentiers du récit parabolique et fantastique sont différents, mais ils se fondent tous les deux sur la foi. L’auteure ose la formule de « parabole fantastique» dans l’in- tention de proposer une vision complète du devenir humain. «Une petite scène capitale du roman homonyme de SylvieGermain pourrait être la parabole du roi Bilboc », dit Roxana NOJA dans sa contribution L’histoire du roi Bilboc en tant que clé interprétative de l’univers germanien. L’écrivaine choisit d’insérer cette parabole à l’intérieur de son roman Petites scènes capitales en but de lancer unmessage indirect au lecteur. Même si la parabole du roi Bilboc occupe une place apparemment collatérale dans le roman, l’auteure démontre que celle-ci est une clé interprétative de l’intégralité du roman. « L’oubli du nomest le signe de la culpabilité. » apprécie Andreea-Maria PREDA dans Pascal Quignard – Le nom sur le bout de la langue ou l’enfer de l’oubli . À son avis, le livre de Pascal Quignard repose sur la parabole du nomqui tient au logos, en soulignant une vérité unanimement acceptée : la langue n’est pas un don inné, mais un processus d’acquisition où la présence des failles est naturelle. Plonger de temps en temps dans la défaillance équivaut à un court-circuit par lequel on jette le lest et on retrouve une langue purifiée, qui rappelle l’origine. « Vivre par les autres, vivre pour les autres, vivre par soi-même » sont trois volets du roman Lorsque j’étais une œuvre d’art d’Éric-Emmanuel que Valentina RĂDULESCU identifie dans son étude Éric-Emmanuel Schmitt et le récit-parabole. C’est à partir de l’analyse du fonctionnement de la parabole, proposé par la théo- logie, que l’auteure veut montrer que ce roman respecte les mêmes principes, ce qui justifie son statut de récit-parabole. La parabole devient ainsi est une « narration fictive et destinée à un transfert », affirme-t-elle en conclusion. Diana RÎNCIOG dans Le jardin de Ghethsémani, motif biblique et parabole du sacrifice/de la révolte dans la poésie romantique de Victor Hugo et de Gérard de Nerval s’interroge sur les formes littéraires de la parabole évangélique christique. Elle a choisi deux textes de l’âge romantique du XIX e siècle, appartenant à Victor Hugo et à Gérard de Nerval, deux poètes de structure et sensibilité différentes, mais qui essaient de méditer, chacun dans son registre stylistique, au même thème reli- gieux : l’angoisse de Jésus Christ au jardin des oliviers. C’est la parabole de Son sacrifice immense, tout comme une preuve de la fidélité ou de la trahison de ses apôtres. Du point de vue littéraire ou plastique, c’est l’exercice d’admiration de la force de suggestion des moyens artistiques, capables de transmettre une grande tension et une émotion sans égal par l’intermédiaire de la parabole. Est-ce qu’il y a une géographie nostalgique du perdu ? Cette question rend Nicolae ŞERA désireux de réponses et il essaie d’en offrir dans son étude Pascal Quignard ou le jardinier du Paradis (silencieux) : des Paradis dans le Dernier royaume. Ici il analyse comment la parabole dévie le cours normal des choses et crée
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