AGAPES FRANCOPHONES 2016

Ramona MALITA (Une) Introduction 15 Alexandra DĂRĂU-ŞTEFAN se propose de faire voir dans Paraboles, croyances et discours biblique dans Étoile Errante de Jean-Marie Gustave Le Clézio que, dans un monde étrange et métissé, la rencontre avec l’Autre trouble l’équilibre normal et inverse les pôles. Dans le roman Étoile errante le personnage errant par excellence reste non pas la Juive, mais la Palestinienne, tandis que la parabole, récit qui puise ses racines théologiques de la Thora, est rendue plus saisissable dans le roman à travers les histoires des djins, forgées cependant de l’univers folklorique islamique. Roxana-Ema DREVE détaille dans son article (Le) Désert de J.M.G. Le Clézio comme parabole l’insertion du mythe et du discours parabolique dans le roman leclézien. Elle analyse l’« autre côté » qui revêt la forme d’un rituel de passage, con- figuré autour du regard, de l’imitation et de l’introspection. Le numineux apparaît rarement dans l’œuvre de Le Clézio. L’enfant mystérieux est couvert d’un mélange paradoxal de sagesse et de naïveté. Au fur et à mesure qu’il accompagne le person- nage dans son évolution psychosomatique, le héros mystique déconstruit la réalité immédiate et facilite la plongée dans un espace-temps illimité : la parabole de la vie. «On n’entre pas en poésie comme on entrerait dans une église. » est d’avis Cécile KOVACSHAZY dans son étude L’Évangile selon Jean-Marie. La parabole dans L’Évangile du Gitan de Jean-Marie Kerwich où elle essaie de répondre à la que- stion : Pourquoi Kerwich recourt-il à la forme de la parabole, disséminée ? Plusieurs fonctionnalités sont envisageables. Bien sûr celle de la captatio benevolentiae, qui rend la lecture plus simple car elle est plus imagée. Mais il s’agit ici d’une autre raison : cette parabole disséminée permet de rendre moins lisible le « secret messia- nique », afin que la révélation ne soit accessible qu’à ceux qui en sont dignes. Marie-FrançoiseLEMONNIER-DELPY analyse dans sa contribution intitulée De la parabole à la lecture parabolique dans le récit épique contemporain plusieurs facteurs qui plaident en faveur d’une lecture parabolique de certains récits épiques des XX e et XXI e siècles : des œuvres de Giono, d’Henry Bauchau, de Laurent Gaudé ou d’Alain Borer. Ces écrivains dans leurs textes invitent à une lecture qui trans- cende le factuel. C’est une destinée à la fois singulière et collective. Que signifie Le Chant du monde de Giono ? Pourquoi le parcours du Roi Tsongor et de son fils Souba dans La mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé ? Ces questions se posent même si le lecteur choisit de ne pas y réfléchir et de ne pas y répondre. Elles naissent de la part de mystère présente dans ces œuvres, mystère illustré par la parabole. Trois récits, trois romans français écrits entre 1993 et 2015; quel serait leur dé- nominateur commun ? DenisMELLIER le dévoile dans son article Après l’histoire : Résistances de la Parabole : eux, ils thématisent ouvertement des situations poli- tiques et géopolitiques d’après la chute de mur de Berlin, d’après le communisme, mais aussi d’après le 11 septembre et livré à la perspective de la guerre sur le ter- ritoire français et dudjihad. Ces trois fictions s’appuient sur la grammaire des genres de la fiction populaire : politique-fiction chezRolin (le roman Parij ), legs dystopique post-orwellien chez Faye (le roman Les Événements) et rétrospection policière et critique dans la lignée du polar d’extrême gauche, chez Vilar (le roman Nous chemi- nons entourés de fantômes aux fronts troués) . Les programmes narratifs surdéter- minés de ces formes génériques peuvent afficher une visée parabolique tant les formes de la prospection politique pour Rolin, de la bifurcation uchronique pour Faye, ainsi que de l’enquête sur le refoulé collectif qu’autorise le récit policier pour Vilar, sont des fables de la dénonciation critique.

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