AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 14 au chiffre de l’écriture ; ce qu’elle permet d’entendre quant à l’agencement des styles et des époques. Le chercheur français insiste sur la mise en route culturelle du pro- cessus d’écriture et sur ce qu’est la dynamique transhistorique de création. C’est le troisième plan de lecture possible, selon lui, de la parabole. Bianca-Livia BARTOŞ dans sa contribution sur Hervé Bazin – un faux recours à la parabole démontre comment celle-ci est réinterprétée dans l’écriture post- moderne ; en écrivant, Hervé Bazin fait souvent appel à l’interdisciplinarité et la religion représente l’un des thèmes qui fait surgir son humour : c’est ainsi que tout recours fait aux paraboles de la Bible et aux saints de l’église chrétienne n’est que par mise en dérision. Claudia BIANCO dans son article Humain ou trop humain ? L’Évangile revisité d’Henry Soumagne. Le cas de la pièce Madame Marie (1928) s’interroge sur le but ultime de toute parabole. En passant par le « trop humain », par un débordement d’humanité accompagné par l’humour et le ridicule, Henry Soumagne a su fusionner le matériel avec le spirituel, l’humain et le divin, créant une synthèse toujours dyna- mique et à jamais conclue. Il faut « passer à travers » pour connaître et maîtriser ce qui nous dépasse. La pièce Madame Marie n’est-elle pas une pièce profondément religieuse ? se demande l’auteure et, ce faisant, elle montre un emploi possible de la parabole dans l’écriture de l’évangile revisité. Rodica BRAD propose dans Réécriture romantique de la parabole biblique de Gethsémani dans la poésie de Lamartine et de Vigny la relecture des deux poètes qui témoignent des désenchantements que la poésie romantique (auto-investie de poésie sacrée), se donne pour mission l’expression de la parole divine. Si cette mis- sion résiste et se convertit en un message de deuil dans le cas de Lamartine, la situ- ation est différente chez Vigny, car ce poète exprime une position bien éloignée des textes sacrés par la pensée désenchantée et hautaine, car il déclare pouvoir se passer de la transcendance. Andreea BUGIAC dévoile dans sa contribution Dans les jeux miroitants des in- terprétations : laparabole duPère prodigue dans LeRetour d’Andreï Zviaguintsev une réponse possible à la question : Pour un cinéma parabolique ? Véhiculant le plus souvent des marqueurs énonciatifs et un récit linéaire raconté à l’aoriste ou au présent, le discours parabolique semble plutôt cantonné dans le domaine de la parole. « Qu’est-ce qui nous autorise alors de parler d’un cinéma parabolique ? » se demande et nous demande l’auteure. Le langage cinématographique partage avec le discours parabolique les mêmes assises, à savoir le recours à l’image ; les images du cinéma sont à prendre littéralement, or du moins elles se prêtent plus volontiers à un décodage unilatéral. Son article est une illustration de ces remarques dans le film Le Retour . Ioana-Rucsandra DASCĂLU insiste dans son étude Les paraboles dans l’œuvre de Saint Augustin sur Les Confessions augustiniennes où les paraboles renforcent le caractère sacré de ce récit, chacune impliquant la morale et devenant un modèle de conduite et de dévouement dans les premiers siècles du christianisme. L’auteure donne comme une conclusion possible de ses recherches que Saint Augustin a une pensée essentiellement parabolique, prise pour naïveté de l’écrivain, vu qu’il croyait à l’existence matérielle du feu de l’Enfer ou à la métamorphose d’Apulée en âne.

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