AGAPES FRANCOPHONES 2016

Agapes Francophones 2016 222 complit s’adresse également aux disciples présents et à tout lecteur/auditeur de langue hébraïque du passage: Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu’aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus: Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. (Marc 11,21) Xby tllqX hnath #[ - har - ybr wyla rmaw apyk rkzn Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu. [litt.: soit en vous la foi de Dieu] (11,22). ~yhla tnwma ~kb an aht ~hl rmaw [wXy byXh Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne: Ôte-toi de là et jette- toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. (11,23) Or, ce couple des paronymes (tééna « figuier » – téhé na l’impératif «soit», termes hébreux soulignés) peut être perçucomme homophone relatant de l’indicemémorial des paroles et actes de Jésus, par la perception visuelle d’un figuier ou maniement, manducation d’une figue qui se transfère au retentissement de l’événement vécu avec le maître (ou de l'évangile entendu) par l’écho phonétique en résonance intime de l’énoncé « Soit la foi de Dieu en vous ». Ce couple des paronymes consistant d’au- tant plus que réitéré dans le temps et dans l’espace devient le facteur déterminant la solidification d’un extrait figé, obstiné de l’événement et des paroles et des para- boles du Maître. 3. Conclusion Nous avons sondé les trois visées de la communication métaphorique de Jésus: la compréhension, l’identification/distanciation et la réminiscence dumessage décodé. La Parole de Dieu a été définie en tant qu’une parole «parlante», opérative après un processus qualifié de «purification spirito-linguistique » lors de la première commu- nion communicative entre Dieu et l’homme. C’est par ce rite de passage que l’hom- me acquiert l’«intelligence spirituelle», la compréhension spirituelle du message métaphorique de Jésus. Nous avons détecté l’enjeu des paraboles employées par Jésus en une « corres- pondance » tacite. La parabole ou mâshâl divin, nonobstant gardant l’anonymat, est une invitation personnelle à une identification et distanciation, pour la (ré)insertion au système divin en vue de l’adoption de l’espace référentiel du Royaume de Dieu. Cet appel à la détermination est réitéré dans le temps et dans l’espace par la fonction mnésique des référents des métapheurs du message. Ma perspective de l’enjeu de la forme narrative de la parabole pourrait donner une infime contribution, aussi limitée soit-elle, par son éclairage divergent, à l’in- flation des réflexions autour de la parabole (voir Fusco [1983], Delorme [1989], Meynet [2001]).

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