AGAPES FRANCOPHONES 2016
Estelle VARIOT La parabole, perspectives linguistiques et culturelles 269 ténèbres nuit. Ainsi il y eut un soir et il y eut un matin. Ce fut le premier jour. (Jean d’Ormesson, Comme un chant d’espérance, 2015, 12) Jean d’Ormesson revient à l’essence même de la vie dont il illustre les difficultés en faisant référence à la vie quotidienne des animaux que nous sommes appelés à cô- toyer dans notre vie jusqu’à la dernière extrémité. D’un point de vue pratique, il se base sur ce qui nous touche dans notre sensibilité afin d’exemplifier les grands prin- cipes de la vie. De plus, ce philosophe et académicien français témoigne lui aussi de la synthèse qu’a réussi à faire la société française depuis ses débuts, marqués par l’humanisme empreint du religieux, jusqu’à la séparation de l’église et de l’État et à la reconnaissance de la laïcité considérée comme l’acceptation des cultes. Avec Dieu c’est tout simple : la vie des hommes est une épreuve et le monde où le théâtre se joue cette épreuve. / Toute vie est une lutte contre les éléments, un effort pour subsister, un rôle à jouer pour cet acteur qu’est tout être vivant. La vie est une épreuve pour l’éphémère, pour la fourmi et pour l’abeille, pour le chien et le chat, pour l’âne, pour le lion, pour le chameau dans le désert. Et elle est une épreuve pour l’homme doué de pensée et de liberté. / Au bout de toute vie, il y a un terme de l’é- preuve c’est lamort » […]. (Jean d’Ormesson, Comme un chant d’espérance 2015, 77) La parabole, en tant que phénomène langagier apparaît dans les premiers ouv- rages conservés des mondes oriental et occidental et dans les civilisations les plus lointaines, grâce à l’écriture et à la diffusion par la copie des ouvrages à caractère religieux. Elle met en évidence les bouleversements que nos sociétés ont connus pour aboutir à la situation actuelle, avec leurs convergences au niveau européen qui conduisent à une différenciation des niveaux de langue et à un recours à un fond commun des sources d’inspiration où l’homme et l’animal coexistent et sont aux prises avec leur destinée et/ou avec l’existence du divin. La parabole constitue aussi unmélange d’influences orientales et occidentales qui fait intervenir, suivant les langues, différentes states linguistiques, des niveaux de langue et des aires sémantiques variés. Même si la parabole évolue dans son expression au cours des siècles, il n’en reste pas moins qu’elle conserve toute sa vitalité car elle s’appuie sur des éléments de notre vie auxquels nous restons tous attachés et conserve son imprégnation morale qui a son usage dans toutes les sphères de la société quand bien même, dans la forme, elle se présente en ayant recours à des notions et des termes plus nuancés ou neutres et dans des aires plus restreintes. Nous espérons aussi que la richesse des exemples fournis dans les domaines rou- main anciens au regard de la période contemporaine aideront à envisager toute la richesse que représente la parabole des points de vue sémantique et culturel auXXI e siècle et son rôle de synthèse des sources orientales et occidentales, en vue de pour- suivre le dépassement de certains clivages et d’envisager le patrimoine culturel euro- péen dans son intégralité. Bibliographie Basarab, Neagoe, Învăţăturile lui Neagoe Basarab către fiul său Theodosie, manuscrit slavon 313, conservé à la Bibliothèque Centrale de l’Université de Cluj-Napoca. Basarab, Neagoe, Învăţăturile lui Neagoe Basarab către fiul său Theodosie, traduction d’après l’édition Roza Vânturilor, Bucarest, 1996.
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