AGAPES FRANCOPHONES 2017
Les enjeux du silence dans la philosophie sartrienne : La Nausée, Qu’est-ce que la littérature ? et Mallarmé, la lucidité et sa face d’ombre, comme exemples Bilel SALEM Institut Supérieur des Langues de Gabès, Université de Gabès, Tunisie Résumé . Nous étudierons la manière avec laquelle Sartre aborde le silence chez certains poètes du XIXème siècle surnommés « les héritiers de l’athéisme ». Mallarmé est en ce sens, l’archétype même du poète du silence. Quelle portée Sartre accorde-t-il au mutisme de ce poète ? Est-il nécessairement synonyme de désengagement ? Dans la première partie de cet exposé, nous envisagerons les enjeux du silence dans la philosophie sartrienne à travers La Nausée. Dans la deuxième partie, nous analyserons certaines théories concernant le silence poétique dans Qu’est-ce que la littérature ? Enfin, nous proposerons une lecture du silence dans Mallarmé, la lucidité et sa face d’ombre. Abstract. This paper aims to study the Sartre an approach to silence in the poetry of a group of the 19 th century poets, known as “the heirs of atheism.” In this respect, Mallarmé is the archetype of the poet of silence. What significance, therefore, does Sartre attribute to the poet's silence? Is it inevitably synonymous with disengagement? Through a study of Nausea , the first part of the paper considers the key aspects of silence in the philosophy of Sartre. The second part addresses a number of theories on poetic silence in What is Literature?, and we propose a reading of silence in Sartre’s “ Mallarmé, or the Poet of Nothingness. ” Mots-clés : Sartre, silence, poésie, enjeux philosophiques, Mallarmé Keywords : Sartre, Silence, poetry, philosophical issues, Mallarmé Introduction Le silence est, parfois, plus éloquent que la parole. Dans ses Figures I, Gérard Genette déclare que : « toute œuvre moderne est de quelque façon hantée par la possibilité de son propre silence. » Sartre ne dérogeait pas à cette règle en écrivant en 1938 La Nausée, en 1947 Qu’est-ce que la littérature ? et en 1951 Mallarmé, sa lucidité et sa face d’ombre. Le silence est le dénominateur commun entre ces trois œuvres. En ce sens, l’éclairage que nous propose Jean-François Gaudeaux nous a paru essentiel puisqu’il aborde cette question du silence dans son livre : Sartre, l’aventure de l’engagement en affirmant : « Quant au silence, il ne peut constituer l’ultime refuge de l’écrivain, il est aussi un choix, un engagement. "Le silence est aussi une parole car, quand on est engagé dans l’univers du langage, le silence se définit par rapport aux mots. Le silence, c’est un mode de liaison des mots et il signifie quelque chose. Se taire c’est encore parler ; on ne dit pas d’un muet qu’il se tait".» (2006, 19-20) Le silence est par conséquent une autre forme d’engagement. Dans une première partie, nous envisagerons les enjeux du silence dans la philosophie sartrienne à travers La Nausée. Dans une deuxième partie, nous analyserons le silence poétique dans Mallarmé, la lucidité et sa face d’ombre, œuvre qui sera étudiée à travers le prisme de Qu’est ce que la littérature ? I. Les enjeux philosophiques du silence dans La Nausée La Nausée est un roman philosophique dans lequel on retrouve les
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