AGAPES FRANCOPHONES 2017

Angelina ALEKSANDROVA et Vassil MOSTROV Université Paris Descartes , France / Université de Valenciennes, France _____________________________________________________________ 374 IV. Conclusion et perspectives Dans la première partie de cet article, nous avons présenté un certain nombre de propriétés des NHG (quasi-synonymie, interchangeabilité, difficulté d’apparaître seuls en tant qu’attributs, assimilation aux pronoms indéfinis), qui semblent toutes découler du contenu sémantique « minimal » de ces lexèmes, se réduisant principalement au trait [+humain]. Les cas d’effacement que nous avons présentés semblent s’expliquer, eux aussi, par le statut général de ces noms, qui leur permet d’être récupérables, souvent sans avoir besoin d’un contexte plus large. Pour ce qui est de la comparaison entre le français et le bulgare, nous n’avons pas noté de différences notables quant à la possibilité d’omettre tel ou tel NHG : dans la plupart des cas examinés, le NHG « non traduit » aurait pu également être absent dans l’énoncé-source. Ceci peut suggérer que le concept « être humain (en) général » est universel, et que cesont certains paramètres dans les différentes langues qui permettent ou non l’effacement des lexèmes qui lui correspondent (comme la possibilité pour un adjectif ou participe passé d’avoir des emplois nominaux). Il reste, bien évidemment, beaucoup de questions à étudier. Nous n’avons présenté que trois cas d’effacement, alors qu’il devrait y en avoir d’autres : par exemple, certains NHG français ont des emplois qu’aucun NHG bulgare ne connaît, ce qui oblige les traducteurs à utiliser d’autres noms ou de proposer des reformulations. Ainsi, être bien de sa personne est-il traduit dans un dictionnaire français-bulgare de référence par izglejdamdobrefizicheski ‘sembler bien physiquement’. Il faudrait également distinguer les NHG entre eux afin de voir si tel NHG privilégie tel type d’effacement dans tel type de contexte, etc. Bibliographie Aleksandrova, Angelina et Mostrov, Vassil, « Comparative study of French and Bulgarian human general nouns : the case of homme and personne », 11 th Annual Meeting of the Slavic Linguistics Society , University of Toronto, September 23-25, 2016. Alexiadou, Artemis et Haegeman, Liliane ;Stavrou, Melita, Noun Phrase in the Generative Perspective , Berlin-New York, Mouton de Gruyter, 2007. Cappeau, Paul et Schnedecker, Catherine, « (Les/des) gens vs (les/des) personnes. Évolution diachronique et comparaison diamésique. Des SN en voie de pronominalisation », In : K. JeppesenKragh et J. Lindschouw (dir.), Les variations diasystématiques et leurs interdépendances dans les langues romanes , Strasbourg, Travaux de linguistique romane, 2015, p. 449-463. Cappeau, Paul et Schnedecker, Catherine, « Gens, personne(s), individu(s) . Trois saisies de l’humain », In : F. Neveu et alii (dir.), Actes du 4 e Congrès Mondial de Linguistique Française , 2014, p. 3027-3040. Cinque, Guglielmo ; Krapova, Iliana, « A Note on Bulgarian Numeral Classifiers », In : G. Alboiu, A.A. Avram et L. Avram et D. Isac (dir.), Pitar Moş: A Building With a View. Papers in Honour of Alexandra Cornilescu , Bucharest, EdituraUniversităţii din Bucureşti, 2007, p. 45-51. Corblin, Francis, « Les groupes nominaux sans nom du français », In G. Kleiber et J.-E. Tyvaert (dir.), L’anaphore et ses domaines , Paris, Klincksieck 1990, p. 63-80. Corblin, Francis, Les formes de reprise dans le discours. Anaphores et chaînes de référence , Rennes, PUR, 1995. Kleiber, Georges, Problèmes de référence : Descriptions définies et noms propres , Paris, Klincksieck, 1981. Kupferman, Lucien, « Structure événementielle de l’alternance un / Ø devant les noms

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