AGAPES FRANCOPHONES 2017

Les noms d’humains généraux « passés sous silence » : du français vers le bulgare _____________________________________________________________ 373 (35) Monsieur le Président, c’est en avril 2009, au Mexique, qu’a été signalé le premier cas de grippe porcine chez un humain . (…) parviat sluchai na svinski grip v Mexico premier-le cas de porcin grippe dans Mexique beshe dokladvan prez april 2009 fut rapporté pendant avril 2009 Les exemples (32), (33) et (35) font figurer ce qu’on peut appeler à la suite de Kleiber (1981) des noms syncatégorématiques, c’est-à-dire des noms dont le référent, pour exister, a besoin d’un autre référent (dépendance ontologique). Ainsi, en (32), le nom aide , en tant que déverbal qui garde la structure argumentale du verbe, a besoin d’un « agent » et d’un « bénéficiaire », en (33) le N santé ne peut se concevoir indépendamment d’un support (animé, pour le sens propre) et on peut en dire autant de grippe en (35), une maladie ne se manifestant que chez un être vivant. Dans ces trois exemples, les SN à NHG effacés dans la traduction sont des compléments adnominaux de ces N « dépendants » : d’une autre personne en (32) correspond à l’agent de la base verbale, alors que des individus (33) et chez les humains (35) sont les « supports » d’un état et d’une maladie respectivement. Ce qui permet l’effacement de ces SN est, pour (32) et (33), le trait [+hum] exigé par les N/SN « recteurs » : l’action d’aider ne peut être accomplie que par un agent humain, et la coordination des adjectifs relationnels physique et mentale nous indique que la santé dont on parle ne peut avoir qu’un support [+hum]. En revanche, en (35), l’effacement du SN [+hum] peut donner lieu à une ambiguïté, puisque l’adjectif porcine peut saturer, à lui tout seul, le support de grippe . La récupération du support humain dans ce cas ne pourra se faire qu’à l’aide d’un contexte plus large, qui devrait permettre d’interpréter grippe porcine comme un type de grippe et non comme une grippe dont sont atteints des porcs. L’exemple (34) est différent en ce que le SN à NHG est complément d’un verbe. Il s’agit de la structure « X inanimé permettre [à qqn] [de + Inf] ». Dans la traduction bulgare il ne s’agit pas d’un effacement pur et simple de l’argument humain « bénéficiaire » (de permettre ), mais de l’usage d’une structure spéciale, à la place de l’infinitif, qu’on peut appeler « impersonnel pronominal », qui permet de présenter l’action de spéculer comme effectuée « en général », sans la mention d’un agent humain (qui reste implicite, bien entendu). De façon générale, il semble qu’un SN [+hum] peut être omis quand il ne donne pas (beaucoup) plus d’information que celle contenue dans le trait [+humain] qu’impose un prédicat à ses arguments, en lien avec la sous- catégorisation sémantique. C’est le cas des SN à NHG 14 qui sont la réalisation minimale de ce trait. Il faudrait, bien sûr, que la syntaxe puisse permettre un tel « effacement » : un complément peut ne pas être réalisé ( Tu ne dois pas mentir ( à SN +hum ))à la différence du sujet d’un verbe conjugué, du moins en français (*( Les gens ) pensent que… ) . 14 Mais aussi celui des pronoms dits indéfinis référant à l’humain, comme quelqu’un , qui que ce soit , etc., phénomène qui va dans le sens des travaux qui soulignent la proximité entre les NHG et les pronoms.

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