AGAPES FRANCOPHONES 2017

Estelle VARIOT Aix Marseille Univ, CAER, Aix-en-Provence, France _____________________________________________________________ 442 contextes, le langage lui-même ne revêt pas toujours la même signification et se manifeste différemment. Par ailleurs, on peut se demander si le langage est toujours à même d’exprimer, véritablement et complètement, une pensée qui, en soi, n’est pas toujours uniforme et qui, bien souvent, est accompagnée de tout un cortège d’hésitations, de doutes, de remises en question et d’autres contradictions. Dans un tel contexte et pour aller plus loin, on en arriverait presque à se demander si les absences, pauses ou arrêts dans l’expression conventionnelle, qu’ils soient ou non volontaires, ne représenteraient pas plus que des variétés de langage et d’expression de la pensée. En partant du langage en général, nous tenterons d’établir les grands types de manifestations qui le caractérisent avant de considérer son corollaire, le silence, envisagé soit comme une absence de communication, soit par son refus ou bien encore par une volonté de communiquer autrement, ce qui ouvre de larges perspectives, en particulier dans le domaine de la linguistique. Le langage humain, dans la conception de certains linguistes, en particulier celle d’André Martinet 1 , est perçu comme un système doublement articulé, d’une part, des points de vue phonétique (phonèmes) et articulatoire et, d’autre part, du point de vue expressif et sémantique (monèmes). C’est ainsi qu’il va comprendre un enchaînement ou une alternance d’unités minimales de sons consonantiques et/ou vocaliques qui, agencées de manière différenciée, vont constituer des unités sémantiques et des mots qui, à leur tour, vont être incorporés dans des phrases où ils auront un sens dans un contexte donné. Une autre approche intéressante de la langue est faite par E. Benveniste 2 qui distingue les systèmes étymologiques et sémantiques (hébreu) etc. où la valeur sémantique est induite des consonnes et ceux qui accordent aussi une valeur grammaticale aux voyelles. Dans le système roman, une variation phonétique mineure sera constitutive d’une variabilité dans le langage, tandis qu’une majeure engendrera une modification sémantique. Par ailleurs, les réalisations différentes, d’une langue à l’autre, donnent toute leur spécificité à celles-ci dans un cadre qui se veut général mais qui suscite toujours des interrogations pour certains aspects de l’expression plus ou moins spontanés, qui peuvent avoir de prime abord une valeur sémantique, dans le cas où les locuteurs la lui accordent au cours du temps. D’un point de vue phonétique, un autre point essentiel est l’aptitude différente des locuteurs à l’entendement et, plus précisément, à la perception d’un son donné qui va avoir des répercussions sur les relations entre les locuteurs car le résultat attendu c’est-à-dire la transcription orale ou écrite ne correspond pas toujours à la réalité de ce qu’a voulu transmettre l’émetteur du message. L’association entre ces mots et ces parties de discours dans une ou plusieurs phrases va permettre au locuteur ainsi qu’à l’interlocuteur de les associer à des notions dont le sens va être modifié en fonction de différents critères spatio-temporels, culturels etc. Dans un certain nombre de cas, le lien entre la constitution ou l’origine des mots et leur fonctionnalité va être évident ; tandis que, dans d’autres, celui-ci va, avec le temps, perdre de son intensité 1 Martinet, André, Éléments de linguistique générale , Paris, Armand Colin, 1960. Cf. aussi les autres références de cet auteur en bibliographie. 2 Benveniste, Émile, Problèmes de linguistique générale , Paris, Gallimard, 1966.

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