AGAPES FRANCOPHONES 2017

Le silence, entre oubli et choix, autant de clefs dans l’évolution des langues _____________________________________________________________ 443 jusqu’à ne plus être perceptible, ce qui aboutira à la théorie de l’arbitraire du signe, entre autres (F. de Saussure). La connexion entre « signifiant » et « signifié », par-delà les nuances entre locuteurs au sein d’une même communauté linguistique, va avoir un impact non négligeable dans l’acte de communication et dans le devenir du langage lui-même puisqu’il va être intimement influencé par des variables qui évoluent au gré du temps et des contacts entre les différents peuples. L’évolution du langage et sa fragmentation en langues qui, au fur et à mesure, vont s’éloigner les unes des autres, vont générer un certain nombre de règles mises en place pour les développer et progressivement maintenir leur harmonie et leurs capacités à l’enrichissement interne et externe. Des courants, visant d’abord à émanciper les langues dites vulgaires des plus anciennes vont leur donner de plus en plus de place et favoriser leur expansion, après s’être affranchis du culte de l’ancien, par périodes. L’imitation, le développement du questionnement humain, la rigueur, suivis ou précédés d’un certain purisme de la langue, vont alterner, par vagues et à force de querelles entre « Anciens » et « Modernes », avec d’autres courants linguistiques et culturels, plus démonstratifs et plus expressifs. Ceci engendrera une éclosion d’un nombre important d’effets de style, d’enrichissements lexicaux à côté de phases plus calmes, au cours desquelles les langues prendront le temps d’emmagasiner les changements qui les ont affectées et de les intégrer pour les générations futures. Le langage, en tant que moyen d’expression d’une communauté donnée, renvoie à l’association écrite ou orale d’un objet/entité comme signe, ce qui, d’emblée, lui confère une valeur symbolique que le destinataire s’attache à décrypter partiellement ou complètement s’il le peut. Cette nécessité de décryptage sous-jacente nous permet de pointer l’importance de disposer des bonnes clefs si l’on veut percevoir toutes les richesses de la pensée ainsi que ses nuances. Ceci se réfère également à l’usage particulier d’une langue, propre à une corporation, à un corps de métier ou encore à un domaine technique. Que le langage soit écrit ou oral, on constate qu’il n’est pas un tout uniforme, qu’il est parsemé d’effets volontaires ou non qui l’agrémentent mais aussi qui nécessitent une attention particulière pour en percevoir toutes les nuances, d’autant plus quand certaines d’entre elles ont pour objet de l’économiser, soit dans la forme soit dans le contenu. Cette approche du langage, en particulier chez les Humains, en tant que moyen d’expression par excellence de la pensée, avec toutes ses nuances et ses variations, permet de mesurer la difficulté qui réside à entretenir une conversation ou, plus difficile encore, à la transposer dans un autre niveau de langue ou dans un autre univers linguistique. S’il est associé à un acte créateur, issu lui aussi du Chaos originel, le langage a beaucoup évolué depuis l’émission de « simples » sons spontanés jusqu’à leur combinaison de plus en plus rapide et automatique qui a conduit progressivement à leur étude et à l’élaboration d’analyses fondées sur des critères. Ainsi, le développement des connaissances sur l’homme et sur son fonctionnement a engendré, dans le domaine de la linguistique, la mise en avant du lien entre, d’une part, la pensée et l’expression de la volonté et, d’autre part, la pensée sous-jacente et les modalités d’avertir le lecteur éclairé de son existence. Ce processus est donc particulièrement complexe et nécessite l’élaboration d’un ensemble de règles communicatives qui varie suivant les caractéristiques morphologiques des sujets, des langues et, au-delà, des groupes linguistiques.

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