AGAPES FRANCOPHONES 2017
Le silence en évaluation orale : un silence bruissant, mais surtout éloquent Maria STEFANOU Institut Français de Grèce, Athènes, Grèce Résumé . Notre recherche s’inscrit dans le domaine de l’évaluation orale et consiste à étudier les conditions dans lesquelles se produit le silence de la part de l’apprenant lors de l’interaction en situation d’examen. Des problèmes liés à la compétence de compréhension amènent l’apprenant à une pause linguistique plus ou moins gênante où l’enseignant/médiateur dans son rôle en tant qu’acteur social, essaie de motiver l’apprenant dans l’exécution de la tâche. Le défi didactique n’est pas de faire exécuter la tâche sans pause linguistique, puisque celle-ci est acceptable et même bénéfique pour la réflexion, mais de créer un échange fécond d’interactions. Abstract . This research aims to deal with oral evaluation and conditions in which silent pauses or mazes occur on the part of the learner during the interaction in examination situation. Problems related to understanding competence lead the learner to a more or less troublesome linguistic filled or unfilled pauses during which the teacher/mediator, in his role as a social actor, tries to motivate the learner in performing the task. The didactic challenge is not to have the task performed without linguistic pauses, since it is acceptable and even beneficial for reflection, but to create a fruitful exchange and an efficient interaction Mots-clés : silence, CECRL, interaction, énonciation, interculturel Keywords : silence, framework, interaction, enunciation, intercultural Introduction « Dire, c’est faire » écrit Austin (1962). La parole prononcée au cours d’une interaction orale a pour objectif d’échanger avec l’« Autre », d’influencer son point de vue, de le convaincre ou de faire approuver son point de vue par cet « Autre ». L’interaction verbale est d’abord conscience du sens d’une activité langagière donnée, dans une situation donnée, c'est-à-dire sentiment – plus ou moins certes – de faire quelque chose avec la langue, non seulement de dire, mais de modifier une situation (relations à autrui, images de soi, de l’autre et de l’objet du discours, connaissance d’autrui). (Adam 1999, 31) En situation d’examen, tout commence par une lecture silencieuse, nécessaire pour que l’apprenant comprenne le sujet et prépare les tâches proposées par la consigne. Ensuite, évaluateur et apprenant agissent dans une situation donnée : le sujet est commun, le temps de préparation précis et le processus de passation connu. Pendant un certain nombre d'années et jusqu'à une époque récente, le silence de l’évalué était coupable, antonyme d’« aisance à l’oral » et porteur de significations négatives puisqu’il suggérait des lacunes linguistiques, stéréotype qui va disparaître au fur et à mesure de la mise en œuvre du CECRL. C’est parce que « Les activités de réception supposent le silence et l’attention au support » (CECRL 2001, 18) que, dans ces conditions, le silence porte une signification particulière puisqu’il accroît la réceptivité et renforce la parole prononcée par la
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