AGAPES FRANCOPHONES 2017

Quand le silence prend la parole. Typologie des silences dans l’œuvre d’Albert Camus _____________________________________________________________ 63 Installé auparavant dans un compromis, l’esclave se jette d’un coup […] dans le Tout ou Rien. La conscience vient au jour avec la révolte. (HR 72) Conclusion Silence. Trop souvent nous identifions ce terme avec une simple absence de bruits. Certes, le silence peut apparaître comme un espace de repos ou un moment pour faire le vide, cependant il peut être également interprété en tant que frontière. Le silence peut apparaître comme pendant de la parole, certes, mais peut être également interprété indépendamment de la parole, comme phénomène précédant la parole, interrompant la parole, complétant la parole, empêchant la parole, suivant la parole, phénomène existant parallèlement à la parole ou comme phénomène trouvant son épanouissement dans celle-ci. Somme toute, le silence est un langage incroyablement riche, à tel point qu’il est susceptible de prendre la forme d’un langage universel. Une des plus belles preuves à cela serait l’œuvre d’Albert Camus, œuvre qui est elle-même entièrement inspirée et alimentée par le phénomène du silence. Une œuvre qui nous fait découvrir tout un univers dans lequel le silence apparaît comme point de départ, par la suite – se présentant comme une des conditions de base à la création – il jalonne le chemin du travail de création, pour déboucher finalement sur ses propres antipodes susceptibles de le neutraliser : la prise de conscience, la compréhension, l’effort, la révolte et la création. Les textes d’Albert Camus nous parlent encore : Simplement, le jour où l’équilibre entre ce que je suis et ce que je dis, ce jour-là peut-être… je pourrai bâtir l’œuvre dont je rêve […]. Rien ne m’empêche en tout cas de rêver que j’y réussirai, d’imaginer que je mettrai au centre de cette œuvre, l’admirable silence d’une mère et l’effort d’un homme pour retrouver une justice ou un amour qui équilibre ce silence. (EE 37-38) Bibliographie Textes de référence Camus, Albert, Œuvres complètes I-IV (I. 1931-1944 ; II. 1944-1948 ; III. 1949-1956 ; IV. 1957-1959), Paris, Éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2006. Ouvrages critiques Abbou, André, Albert Camus entre les lignes. Adieu à la littérature ou fausse sortie ? , Biarritz, Éditions Seguier Atlantica, 2009. Castillo, Edouardo (dir.), Pourquoi Camus ? , Éditions Philippe Rey, 2013. Chevalier, Jean, Gheerbrant, Alain, Dictionnaire des Symboles , Paris, Seghers, 1974. Costes, Alain, Albert Camus ou la parole manquante : Étude psychanalitique , Paris, Payot, 1973. Cyrulnik, Boris, Jorland, Gérard (dir.), Résilience : Connaissances de base , Paris, Éditions Odile Jacob, 2012. Espås, Anne-Marie, L’énigme de la mère chez Albert Camus, Une étude de son premier et de son dernier livre , Master Thesis, University of Oslo, Våren, 2015. [En ligne]. URL : https://www.duo.uio.no/bitstream/handle/10852/44851/esps_master.pdf?sequence=1. (Consulté le 2 mars 2017). Grenier, Roger, Albert Camus soleil et ombre , Paris, Gallimard, 1987. Kováry, Zoltán, Kreativitás és személyiség – A mélylélektani alkotáselméletektől a pszichobiográfiai kutatásig , Oriols és Társai Kft., Budapest, 2012. Mattéi, Jean-François , Citations de Camus expliquées , Paris, Éditions Eyrolles, 2013. Mino, Hiroshi , Le silence dans l’œuvre d’Albert Camus , Paris, Librairie José Corti, 1987.

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