AGAPES FRANCOPHONES 2017

Le silence comme préalable et finalité du langage chez Le Clézio Daniel DELY Université de Limoges, France Résumé. Ce travail expose la problématique de la dialectique du silence avec le langage verbal. L’objectif de notre travail est de révéler que le silence est avant tout un langage. Il est perçu chez Le Clézio comme préalable et finalité du langage verbal, en ce sens qu’il se veut pour cet auteur la matrice d’où émerge la parole. La structure de notre analyse est constituée de deux grands axes. Le premier met en exergue le silence comme un préalable. Il s’agira dans cette partie de relever l’état d’esprit qui prédispose en quelque sorte, et favorise le procès de captation chez l’écrivain de cet autre monde qui semble se situer sur les lignes des horizons. Quant au deuxième, il est relatif au silence comme finalité du langage. À ce niveau, le silence se présente comme une attitude volontaire chez l’écrivain. Il s’inscrit dans une démarche purement spirituelle en tant qu’un moyen méditatif par excellence qui donne un accès à l’écrivain de comprendre en profondeur le mystère du langage vrai, celui d’accéder en vérité à la quiddité de son objet de quête. Abstract. In a descriptive framework of literary texts, the aim of our work is to reveal that silence is, above all, a language and the culmination of language. It is perceived as the prerequisite and finality of language in Le Clézio’s writing. The paper is structured into two main parts. The first section highlights the question of silence as a prerequisite for the language. This part deals with the state of mind which will predispose and favour the process of capturing the writer of this other world made only of poetry. As for the second section, it is related to silence as the finality of language. At this level, silence is analysed from the point of view of the writer's obvious will to perceive the language. It is approached purely from a spiritual perspective, a meditative means that gives access to the writer to deeply understand the mystery of the language of nature. Mots-clés : perception, nature, harmonie, consolation, liberté Keywords : perception, nature, harmony, consolation, freedom Passionné dès le départ par les thématiques de la ville, du monde moderne, de l’électricité et de l’automobile, Jean-Marie Gustave Le Clézio, lauréat du prix Nobel de Littérature en 2008, s’intéresse ensuite aux questions ayant trait au silence, au désert, à la transparence et à l’harmonie. Ce changement de vision profonde peut, semble-t-il s’appréhender dans les arcanes de sa vie familiale. Notamment, celles de son enfance. À l’âge de quatre et cinq ans, Le Clézio a connu les affres de la Seconde Guerre Mondiale. Justement, c’est de cette période sombre – qui plus est, s’est avérée marquée par l’absence considérable de son père – que découle une écriture empreinte du silence. Ainsi, nous donnons-nous comme objectif d’établir que le silence est avant tout un langage des sens et l’aboutissement suprême du langage verbal. Or chez cet auteur, cette conception relative au silence ne peut se comprendre que dans une relation dialectique avec la parole. Nous plancherons sur ce sujet en structurant notre propos en deux axes essentiels. D’une part, nous envisagerons le silence comme préalable, et de l’autre, nous verrons dans quelle mesure Le Clézio propose le silence en tant que finalité du langage.

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