AGAPES FRANCOPHONES 2017

Avant-propos Organisée par la Chaire de français de la Faculté des Lettres, Histoire et Théologie de l’Université de l’Ouest de Timişoara, avec le soutien de l’Agence Universitaire de la Francophonie et de l’Institut Français de Timişoara, la XIII e édition du Colloque International d’Études Francophones de Timişoara (CIEFT) a proposé aux spécialistes, aux jeunes chercheurs, aux enseignants, aux traducteurs et aux didacticiens, originaires d’une quinzaine de pays, de s’interroger à partir d’un croisement d’approches scientifiques et méthodologiques, sur le thème du silence . Transparent à un premier abord, le silence s’avère un concept aussi riche en significations qu’ambigu. Emprunté au lat. silentium , au lat. silere « se taire, rester silencieux», et rapproché avec le gothique silan « être tranquille » (Littré), le terme désigne dans son sens originel, l’état de la personne qui s’abstient de parler. Dans son sens actuel le plus courant, il représente l’absence de bruit et, par extension, il indique aussi l’absence de l’expression par écrit. Le bruit s’associant au désordre et à l’agitation, le silence s’associe à l’inverse au calme et à la tranquillité. Être silencieux signifierait donc se taire, ne faire aucun bruit ou être peu communicatif. Figure de la résistance du discours, le silence fait lui-même résistance, refuse de se voir attribuer un sens univoque et se définit le plus souvent dans sa négativité. En effet, la majorité des définitions que l’on trouve dans les dictionnaires généraux donne un aperçu de la pluralité des significations que le terme peut acquérir. Le Petit Robert définit le silence comme le « fait de ne pas se faire entendre » et comme l’« absence de bruit » 1 . L’encyclopédie Larousse y rajoute le sens d’« action, fait de se taire, de ne rien dire », « fait de cesser de donner de ses nouvelles », « absence de mention de quelque chose dans un écrit » et un sens spécialisé ‒ « en musique, interruption plus ou moins longue du son » 2 . Le Littré parle aussi de « l’absence d’agitation morale », de l’ « interruption dans un bruit », du « secret », de l’ « oubli », du « calme », de l’ « absence de bruit », des « suspensions que fait celui qui parle », du « calme ou de la simplicité qui règne dans une composition, dans le coloris et la disposition des lumières » (en peinture), etc. 3 . Pour le dictionnaire du Centre national des Ressources Textuelles et Littéraires, le silence renvoie à l’ « absence de d’agitation », au « fait de ne pas vouloir ou de ne pas pouvoir exprimer sa pensée, ses sentiments », au « fait de laisser entendre sa pensée, ses sentiments, sans les exprimer formellement », au « fait d’entrer en communion, en communication intime, sans le secours de la parole », etc. 4 . Les ouvrages théoriques qui lui ont consacré des analyses ou qui en ont fait un point de départ pour l’étude des œuvres littéraires de certains écrivains 1 Le Petit Robert , Paris, éd. Le Robert, 2016. 2 http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/silence/72720 3 https://www.littre.org/definition/silence 4 http://www.cnrtl.fr/lexicographie/silence

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