AGAPES FRANCOPHONES 2019

414 Machkour retrace des ‘portraits’ issus des souvenirs dans le roman Vestiaire de l’enfance de Patrick Modiano ; Dora Manastire situe le lien familial entre dissolution et disparition chez Michel Houllebecq. La contribution de Bianca Bartos s’attarde au détail sur défilialisation ratée dans l’œuvre d’Hervé Bazin. Pas à pas Bartos dévoile le dilemme de l’écrivain en question qui, d’un côté, admet le rôle essentiel que la figure de la mère a eu dans son devenir artistique, et, de l’autre côté, il nie toute descendance de celle-ci. La chercheure explique la résolution de ce dilemme par l’intermédiaire de la notion de ‘filiation vivante’ qui serait cette situation « charnière » entre nier tout héritage familial et chasser l’inédit artistique : l’écrivain dit oui par le biais du non , en insistant sur les aspects négatifs de sa vie, trop influencée par une mère autoritaire, et, ce faisant, il obtient des pages le mieux écrites de ses romans, grâce exactement à cette expérience dysphorique de la part de sa mère. Tout ce tissage caché d’Hervé Bazin est méthodiquement mis en lumière par Bianca Bartos qui nous montre un écrivain ‘scolarisé’ à l’école des femmes, en particulier de sa mère, toujours blâmée chez lui. Dans la seconde partie on s’est penché sur des textes de Pascal Quignard, Bénédicte Heim, Daniel Pennac, Émile Zola, René Char et Sylvie Germain, proposant plutôt une méditation sur l’art narratif, sur le rôle cathartique de la lecture et de l’écriture. Les rituels, les traditions et les espaces anciens sont mis en rapport avec la mémoire, la nostalgie et l’inconscient dans le but de surprendre les avatars de la pensée créatrice, quel que soit le contexte temporel ou artistique (à savoir le courant littéraire ou artistique). Alexandra-Lidia Ionel s’attarde sur Quignard et sur son ‘jumeau’ latin, Albucius, tandis qu’Emanuel Turc se propose d’investiguer la relation maître-disciple en tant que ‘filiation’ spirituelle ; la figure de l’aïeule dans l’œuvre de Sylvie Germain est décrite avec minutie et pertinence par Roxana Maximilean (son étude met sous la loupe critique le motif littéraire de la grand-mère comme trésor et passeuse de mémoire) et, en miroir, Alexandra Borod laisse voir les ‘poèmes de la peinture’ chez René Char. De cette seconde partie de l’anthologie, l’article de Daniela- Ionela Covrig intitulé La filiation littéraire zolienne a attiré notre attention ; il relève le rôle de la documentation, de la formation et de l’inspiration de l’immédiat pour l’écrivain réaliste et naturaliste. À travers le système romanesque Les Rougon-Macquart , Émile Zola parvient à relier vingt titres dans un récit unitaire de plusieurs générations de la même famille. Daniela Covrig détaille en quels

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