AGAPES FRANCOPHONES 2021
Agapes Francophones 2021 306 Sur le plan linguistique, l’analyse des attitudes linguistiques et/ou langagières des informateurs a mis en évidence l’écart existant entre la conception officielle des langues en présence et les pratiques langagières effectives des locuteurs algérois. Un écart qui invite à la mise en place d’une nouvelle conception qui rend compte des réalités des pratiques sur le terrain. En ce qui concerne le centre-ville d’Alger, les autorités chargées de l’aménagement de l’espace doivent élaborer un marquage qui tient compte du plurilinguisme inhérent à l’espace urbain algérois. De plus, valoriser/dévaloriser telle ou telle langue de façon irréfléchie ne ferait qu’augmenter le nombre de confusion dans le marquage et l’appropriation des lieux de ville. D’un autre côté, il s’est avéré, lors de l’analyse des discours de nos informateurs, que la méconnaissance de la personnalité affichée conduit inéluctablement à une identification/localisation erronées de l’entité spatiale que le nom de cette personnalité désigne. Les frontières officielles assignées à cette entité obéissent à cette même logique. À cet effet, il semble donc nécessaire d’afficher des plaques odonymiques avec des informations biographiques pour faciliter l’ancrage des dénominations des lieux de ville. À rappeler que ces dénominations sont arbitraires car il n’existe aucun lien logique entre l’odonyme et l’entité spatiale qu’il désigne. Nous avons remarqué que les dysfonctionnements sont dus à l’absence de communication entre les agents chargés de l’aménagement des espaces et les locuteurs usagers de ses mêmes espaces. En effet, nos informateurs n’ont jamais été informés des changements concernant les dénominations des lieux dans l’espace urbain algérois. C’est ce qui a donné lieu à l’attribution des noms différents à la même entité spatiale. La seule voie d’intervention semble être l’obligation d’informer les locuteurs de toutes les modifications linguistiques et/ou matérielles ayant trait au marquage des lieux de ville. L’exemple de l’émission « chronique de toponymie » qui fait partie des programmes de la Radio Canada illustre parfaitement d’intervention exigée dans ce genre de situations. En effet, cette émission permet entre autres aux chercheurs de la commission de toponymie d’informer les acteurs sociaux de toutes les actions qui facilitent leur mobilité spatiale. D’un point de vue opérationnel, cette façon d’intervenir qui passe par des instances médiatiques telles que la radio et la télévision pourrait s’effectuer par la création de points d’information dans l’espace urbain. Ces points doivent assurer l’information et/ou l’orientation en fonction de la diversité des compétences linguistiques des locuteurs. Ils doivent également tenir compte des stratégies de marquage et d’appropriation résultant de l’introduction de nouveaux moyens de transport (métro, tramway) dans les espaces urbains. Il convient à ce niveau de s’interroger
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