AGAPES FRANCOPHONES 2022
Introduction _____________________________________________________________ ϵ littérature d’anticipation et, par cela, ces œuvres fournissent une preuve de bétonisation des réactions : de l’histoire même récente, relatant objectivement, subjectivement ou allégoriquement la fin de l’humanité et du monde, l’homme et l’humanité ne sont pas capables de tirer des leçons. Tâchons de revenir sur nos pas, sur l’histoire, sur des lectures fondamentales. Des « anthropophages » ou comment lire Montaigne (p. 107- 120) est une invitation que Sanda Badescu lance au lecteur afin de lui enseigner à lire ou à relire un auteur classique ou, au moins, certains fragments, tels « Des cannibales ». Alors que Gina Puic ă , dans Théodore Cazaban, écrivain très politiquement incorrect (p. 121-128), passe au crible le roman Parages et une pièce de théâtre, Bramboura ou l’Esprit puni , dans l’intention de faire valoir les aspects progressistes de l’écriture comme lieu de liberté, lucidité critique et liberté ludique dans une Histoire à laquelle on ne saurait nier « la force quasi-démoniaque », Steven Urquhart relève les Splendeurs et misères de l’homme occidental (2015) : « roman » inter-dit de Pierre Gobeil (p. 129-145). L’auteur examine les stratégies dont l’auteur se sert à l’intention d’« anticiper et déjouer l’indignation bien-pensante que risque de soulever son texte », que Gobeil enrégimente dans la foulée de Balzac de façon à dédramatiser le poids que certains propos pourraient acquérir dans les yeux d’un.e lecteur.trice sensitif.ve La dérision, l’ironie ; la malice, certifie Urquhart, ne seraient que des techniques d’écrire et de décrire un questionnement que personne ne devrait contourner. En contexte canadien toujours, l’article de Sarah-Louise Pelletier-Morin, Un art bienséant : comment l’argument du politiquement correct prescrit les pratiques théâtrales au Québec (p. 147-153), s’intéresse aux aspects jugés comme subversifs ou transgressifs sur les planches et décortique les tenants et aboutissants des polémiques autour de trois productions récentes. Outre les raisons transhistoriques de la politisation du théâtre au Québec, les discours actuels de la rectitude politique mobilisent de nouveaux groupes de pression, y compris au moyen des réseaux sociaux. L’auteure conclut à juste titre qu’il reste à mesurer l’effet de la (sur)interprétation politiquement correcte, avec ses normes, contraintes et degrés d’acceptabilité (extra-littéraires) sur les créateurs et les productions. Stéphanie Diane Tsakeu Mazan , dans La réhabilitation des héros oubliés de la colonie dans le roman monénembien : entre autophagie du discours dominant et fracture coloniale (p. 155-169), prend comme point de départ les éléments qui définissent l’esthétique romanesque, en l’occurrence celle qui caractérise le roman de Tierno Monénembo, qui fictionnalise l’Histoire dans le but d’obtenir une reconnaissance de la part du centre, la France métropolitaine et, de la sorte, de garantir une réhabilitation mémorielle quitte à déterrer des discours coloniaux, xénophobes, discriminatoires. Dans Ourika, Édouard et Olivier ou le Secret de Claire de Duras : une mise en discours du politiquement incorrect au XIX e siècle ? (p. 171-185), Saloua Touati se penche sur le degré de conformisme,
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