AGAPES FRANCOPHONES 2022

Georgiana I. Badea _____________________________________________________________ ϴ contribuent par le contenu qu’ils créent à blâmer et à empêcher la diffusion des produits artistiques. La transition est faite par Simona Modreanu avec L’empire de la « moraline » (p. 43-51) qui se concentre sur des potentielles formes contemporaines de censure dissimulées sous le syntagme du « politiquement correct ». L’auteure dénonce le nouveau totalitarisme multitudinal qu’on désigne par le vocable la « moraline ». À l’instar de Froeliger, Badea et Tec, Modreanu s’interroge sur le dérapage linguistique et sur le séparatisme que le politiquement correct ou le politiquement incorrect sauraient induire dans nos vies. Tatiana-Maria Cernicova-Dragomir fait apprendre qu’une pluralité discursive se manifeste à l’intérieur même des organismes législatifs. Ainsi Le(s) discours de l’Union européenne pour les États membres dans la crise frontalière biélorusse. Un Janus de discours politique et d’action normative (p. 53-71) se hisse comme critique de la crise juridique, politique et humanitaire commencée en 2021, crise attisée par la question de la migration aux frontieres extérieures de l’UE. Tout en s’intéressant aux prérogatives de La Cour européenne des droits de l’homme et aux droits des migrants, l’auteure fait remarquer l’incohérence des décisions, des discours et des actions juridiques. Cernicova-Dragomir questionne sur l’effet systémique que les mesures juridiques prises par le législatif européen ont sur la politique de l’UE. La justice, l’injustice et le rire. Salvatore Di Piazza s’intéresse dans son étude au rire, au droit de rire, à son équité et à sa présupposée inéquité : Être ou ne pas être (Charlie). Rire, violence verbale, liberté d’expression (p. 73- 83). Le rire a-t-il des limites ? Si l’on interdit le rire et de rire, la liberté d’expression artistique ou privée, la thérapie par le rire comme antidote à la morosité, à la crise actuelle, au stress, etc., cela n’équivaut pas à un ajustement des droits d’expression ? Florentin Ţ uca s’arrête sur Sur le destin du langage, du droit et de la justice à l’heure actuelle : « All a penis is, is just a large clitoris. » (p. 85-96). Dans son article, l’auteur investigue quelques-unes des prises de position actuelles relatives aux règles de non-discrimination (de genre, de sexe, d’âge, etc.) et aux droits et à l’égalité. Il s’intéresse notamment à l’incidence des décisions prises sous la pression des courants idéologiques actuels et sous la pression d’une catégorie de grand public sur le langage juridique et sur la langue même. Dans La disparition de l’espace public ou la perte de la distance (p. 97-105), Luc Vigneault se livre à l’examen et à la critique des discours idéologiques, promus par les média de toute nature, Internet et ses avatars y compris. Il signale, en partant de Hannah Arendt et [ S ] a condition humaine (1958/1961), l’évanescence de l’espace public tel que l’on constate aujourd’hui. Des entraves successives à la liberté et aux droits par la limitation physique, par l’abolition d’un lexique et par la police terminologique, tout cela étiole, anéantit l’espace public « au profit d’une immense cacophonie d’opinions ». Notons qu’Aldous Huxley ( The Brave New World ), George Orwell ( 1984 ) , René Barjavel ( Ravage ), Albert Camus ( La Peste ), Hitchcock ( The Birds ) ont tiré la sonnette d’alarme ; ce qu’on a autrefois considéré des dystopies, on les désigne aujourd’hui comme

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