AGAPES FRANCOPHONES 2022
Tatiana-Maria CERNICOVA-DRAGOMIR Universite de l’Ouest de Timi ş oara, Roumanie _____________________________________________________________ ϲϬ et leurs conjoints peuvent légalement séjourner en Pologne pendant une période de 18 mois après avoir fui la guerre. Dans les mêmes conditions que les citoyens polonais, ils bénéficient d’un accès complet au marché du travail polonais, ainsi qu’au système de santé du pays. Les enfants ukrainiens ont également pleinement accès au système éducatif. Les réfugiés d’Ukraine ont droit à une aide en espèces unique d’environ 63 euros par personne. Les Ukrainiens ont également droit à diverses prestations sociales, notamment des allocations familiales mensuelles, des soins familiaux, etc., en plus de ce paiement monétaire unique. 24 Pourtant, les ressortissants d’autres pays qui ont également fui l’Ukraine en raison de la guerre ne sont pas couverts par les dispositions de cette loi spéciale. L’on se rappelle que l’UE a été par ailleurs elle-même critiquée pour son double standard : elle a bien activé la directive sur la protection temporaire des Ukrainiens, mais ne l’a pas fait lors de deux crises précédentes, en 2011 et 2015. 25 IV. L’UE et la vision politiquement correcte de la tolérance L’Union Européenne est fondée sur les valeurs de la dignité humaine, de la liberté, de la démocratie, de l’égalité et des droits de l’homme, comme le rappellent le Traité de Lisbonne et la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Les droits de l’homme, la diversité, la paix, la solidarité, le respect mutuel doivent donc représenter des piliers à la fois au niveau des États membres de l’UE comme tels, que dans les relations de l’UE avec le reste du monde. 26 Ce qui est encore plus, l’UE adhère formellement à la Déclaration de principes de l’UNESCO sur la tolérance de 1995. 27 Dans le préambule de celle-ci, les rédacteurs se déclarent alarmés par la montée de l’intolérance, de la violence, du terrorisme, de la xénophobie, du nationalisme agressif, du racisme, de l’antisémitisme, de l’exclusion, de la marginalisation et de la discrimination à l’égard des minorités nationales, ethniques, religieuses et linguistiques, des réfugiés, des travailleurs migrants, des immigrants et des groupes vulnérables au sein des sociétés, ainsi que par l’accroissement des actes de violence et d’intimidation commis à l’encontre de personnes exerçant leur liberté d’opinion et d’expression. Tous ces comportements menacent, bien évidemment, la consolidation de la paix et de la démocratie au niveau tant national qu’international et constituent autant d’obstacles au développement. 24 Commission européenne, « Poland: Parliament adopts law on assistance to Ukrainian refugees », communiqué de presse, 18 mars 2022. (https://ec.europa.eu/migrant- integration/news/poland-parliament-adopts-law-assistance-ukrainian-refugees_en). (consulté le 20 novembre 2022). 25 Voir les considérations supra. 26 Traité de Lisbonne, Art. 3 (5). (Traité de Lisbonne modifiant le traité sur l'Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne, signé à Lisbonne le 13 décembre 2007, Journal officiel de l’Union européenne, C 306, 17 decembre 2007). 27 UNESCO - Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, Déclaration de principe sur la tolérance , 16 novembre 1995. (https://www.refworls.org/ docid/453395954.html). (consulté le 20 novembre 2022).
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