AGAPES FRANCOPHONES 2023

Claudiu GHERASIM Université de l’Ouest de Timiș oara, Roumanie 192 traverser les traumas du XX(I) e siècle. L’écriture, aussi labyrinthique qu’elle soit, devient une catharsis puisqu’elle, par la voix/e du mythe et l’art de l’écrivain -ventriloque, mène l’enquête sur la peur généalogique pour traverser une « masse concentrée de peurs » (Toledo, le 20 août 2020, souligné par l’auteur ), dévisager le monstre et revenir à la lumière. De plus, le mythe devient un soubassement littéraire essentiel à la traduction de « ce qui a été » qui conduit finalement à l’exégèse de « ce qui n’est plus ». Les voies mythiques s’ajoutent à la présentification des voix du passé pour que le roman de Toledo effectue un voyage temporel dans lequel l’hypertexte transpose la diégèse et la thématique de son hypotexte pour les rapprocher et les actualiser par rapport à l’œuvre - vie. Dans la transposition, comme nous l’avons vu, le labyrinthe représente l ’ élément grâce auquel il devient possible d’interpréter le texte et d’analyser l’attitude de l’écrivain vis -à- vis du choix du mythe qui, par sa reconfiguration, transgresse les limites du narratif par une approche psychogénéalogique et épigénétique pour trouver le sens dans la « matière qui sait infiniment plus que nous » (TSVN, 252) : Si je demande notamment : le suicide de l’ancêtre Talmaï ou du frère Jérôme sont-ils des actes libres ? je dois bien reconnaître que je ne le pense pas, que j’estime la thèse de l’ acte libre entièrement inadaptée. Et si, à l’inverse, je m’interroge pour savoir si leurs suicides sont des faits sociaux , je dois constater qu’il me vient aussi une réponse négative. Les traumas, les tremblements dont ces deux suicides témoignent, pointent, à mes yeux, vers une approche à la fois plus historique et plus matérielle ; celle où, peut-être un jour, les empreintes traumatiques observées au cœur de la matière humaine par les épigénéticiens rejoindront les approches transgénérationnelles de la psychologie groupale et des pratiques dites de constellation. (TSVN, 250 , souligné par l’auteur ) En « arpentant » le labyrinthe de la généalogie et ses manifestations au niveau du temps, de l’espace et du texte , notre analyse mythocritique s’est proposé de surprendre la liaison trauma-labyrinthe valorisée dans le texte. Bien que les écrits concernant le trauma partagent fréquemment des structures narratives similaires, il est essentiel de ne pas considérer cette récurrence comme une constante immuable. Il est crucial de se pencher sur le « potentiel du récit », englobant ainsi les diverses manières de configurer et de reconfigurer le trauma, pour englober toutes les expressions culturelles liées au trauma (Luckhurst 2008, 90). Grâce à cette double méthode d’analyse (psychogénéalogique

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