AGAPES FRANCOPHONES 2023

Labyrinthe(s) du traumatisme intergénérationnel dans Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo 191 boucles temporelles comme pauses de durée moyenne, et de l’autre côté, l’architecture stylistique de la spirale labyrinthique. De plus, cette remarque au niveau de la spirale peut également orienter notre interprétation vers le concept d’« irradiation » de la mythocritique de Pierre Brunel qui parle du rayonnement d’un mythe dans la mémoire et l’imagination de l’écrivain : à notre avis, le mythème du labyrinthe reçoit un rôle si important tant au niveau de la mémoire qu’au niveau de l’imagination de Camille de Toledo qu’il arrive à irradier et diriger l’écriture et la forme de son roman : « Le geste de mise en forme du texte, chez moi, est lié à celui de l’écriture. » (Toledo, le 20 août 2020). Ainsi, le corps n’est pas le seul à enregistrer les traumatismes, le texte en fait de même. À partir de la discussion portant sur la transposition du mythème du labyrinthe autant comme thème que comme structure, nous pouvons conclure que le mythe s’impose non seulement dans la construction (contenu) du sujet mais encore dans le processus de l’écr iture (par la forme et la structure) qui, après l’entrelacement de l’ « avant » et du « maintenant » , s’éloigne en spirale de son centre à mesure qu’elle tourne autour de son centre : « ce sera alors le début d’une autre histoire / celle d’un avenir relié / réattaché . » (TSVN, 252 , souligné par l’auteur ) 29 . Conclusion L’histoire artistique de Camille de Toledo, l’écrivain, se résume à un rapport conditionné entre la fiction mythique – et sa trame narrative – , le macro-univers Historique et le micro- univers historique. Comme l’art de la photographie, l’écriture fixe ce carrefour de voix et de voies sur la pellicule narrative par exposition à la lumière de la recherche du sens. Le lecteur s’engage par contrat mythocritique dans une lecture de « [l]’esprit de la lettre, derrière la lettre » (Toledo, le 23 mars 2021) qui engendre une nouveauté littéraire – Thésée, sa vie nouvelle – chercheuse de son Ariane et fondée sur la qualité de moteur des univers romanesques de ce qu’il y a derrière – le mythe et sa flexibilité. Ce rapport d’une nouveauté existante qui dérive d’une nouveauté préexistante propose l’actualisation et le rapprochement du mythe comme structure sous-jacente à l’univers romanesque de la tentative de Thésée, le moderne, de 29 Les derniers mots du post-scriptum du roman.

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