AGAPES FRANCOPHONES 2023

Métou KANÉ Université Félix Houphouët- Boigny Abidjan, Côte d’Ivoire 250 guerres civiles dont les conséquences sont parfois désastreuses. Ce sont elles qui fondent des réactions de la part de certains poètes. C ’ est dans cette optique que s ’ inscrivent Josué Guébo et Cédric Marshall Kissy. 2. Face au drame de l ’ existence, l ’ engagement des poètes Les difficultés inhérentes à l ’ existence ne s ’ estompent pas avec l ’ accession des États africains à l ’ indépendance. Et il n ’ est pas exagéré d ’ affirmer que dans la nouvelle donne, seuls changent les paradigmes de la souffrance car les nouveaux dirigeants – des Noirs – deviendront les bourreaux de leur propre peuple. Dans ces conditions, les propos de Léopold Sédar Senghor du 28 janvier 1970 à Yaoundé au Cameroun résonnent comme pour rappeler le combat générationnel : « La Négritude, c ’ est-à-dire l ’ affirmation de sa personnalité, c ’ est quelque chose d ’ éternel. Il ne peut y avoir de fin à la négritude tant qu ’ il y aura des nègres. Pour donner plus d ’ éclat à sa réponse aux rumeurs d ’ Alger il organise du 12 au 18 avril 1971 à Dakar, dans le cadre de l ’ UPS, « un colloque sur la négritude » ayant pour objet d ’ élever et clarifier le débat. (Cornevin 1976, 162) Ces mots, résonnant comme une prophétie, posent déjà la littérature de la contestation comme un idéal d ’ écriture que les Négritudiens entendent léguer à la postérité. Ainsi, l ’ écriture satirique, voire celle de la dénonciation, reprend de la vigueur avec les écrivains africains – poètes notamment – dans la période postcoloniale. Dans cet ordre, chaque génération revendique sa part d ’ héritage en menant le combat qui est le sien. Et si Josué Guébo se fait l ’ écho des tragédies de la migration clandestine, Cédric Marshall Kissy, quant à lui, dénonce les barbaries de la guerre qui a défiguré la Côte d ’ Ivoire de 2002 à 2011. 2.1. De la tragédie de lamigration clandestine chezGuébo Les migrants sont, pour la plupart, de condition modeste. Ces hommes et femmes sont en quête de vie meilleure car ils sont contrariés par une sorte de misère sordide, voire de guerres civiles qui obscurcissent leur horizon en anéantissant toutes perspectives d ’ un avenir radieux. La migration clandestine devient, pour eux, l ’ ultime recours. Cette entreprise est, à son tour, contrariée par la problématique des frontières qui ne facilite pas un voyage régulier comme le reconnaît Célestin Mongo dans Penser et écrire l ’ Afrique aujourd ’ hui :

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