AGAPES FRANCOPHONES 2023

376 en général, celle française en particulier. Les annexes et un index des noms propres destinés à faciliter d ’éventuelles recherches ultérieures complètent de façon harmonieuse et montrent en même temps les coulisses de la réalisation du volume. Au cœur du Prix Goncourt à la carte … nous découvrons deux chapitres dont les titres sont issus des jeux subtils des mots : Fils (de Dieu) et fils : filiation – où l’approche concerne la problématique des contiguïtés et des successions familiales chez Jean-Luc Coatalem, Sylvie Germain et Amélie Nothomb – et Histoire et littérature : une liaison (jamais) dangereuse – qui porte sur les correspondances établies entre les troubles historiques et l’évolution des personnages dans plusieurs romans du XIX e au XXI e siècles. On pourrait reprocher le manque de justification nette du lien existant entre les deux parties centrales. Néanmoins, la thématique du trauma associée aux questions du lignage, de la (non)chronologie, du rapport enfance-âge adulte ou homme- Histoire assure l’unité de vision tout en conservant la diversité des approches. En outre, le fait d’avoir retenu tous les romans soumis à l’analyse – chacun à leur époque – sur la Liste du Prix Goncourt contribue d’autant plus à l’uniformité d e la démarche. 1. L’enfant devant l’ Histoire Parmi les onze contributions qui composent le volume, presque la moitié mettent sous la loupe l’enfant – descendant d’une famille ou individualité – en tant que porteur d’un trauma avec impact sur son devenir et sur les relations avec les proches, avec la société. Ainsi, l’article d’Andreea -Roxana Dobrescu concernant La part du fils (2019) de Jean-Luc Coatalem aborde divers aspects de la recherche mémorielle provoquée par une rupture dans le continuum familial. En utilisant des concepts variés comme enquête familiale (18) semblable aux fouilles archéologiques ou comme arbre généalogique avec accent sur les ascendants masculins (18), l’autrice présente et démêle les rapports identitaires compliqués qui s’établissent entre les personnages, membres de la même famille , sur l’axe passé -présent, sans toutefois respecter la chronologie. L’exploration mémorielle entreprise par le narrateur a pour rôle, comme Andreea Dobrescu le souligne, de mieux se connaître soi-même à travers son lignage (19).

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