AGAPES FRANCOPHONES 2023
377 Le portrait du grand-père, Paol, considéré comme le point de départ de l’ exploration du passé familial, se tisse au fur et à mesure que le narrateur acquiert des preuves de son parcours existentiel jusqu’à la disparition dans un camp concentrationnaire nazi pendant la Seconde Guerre Mondiale. La découverte des relations de Paol avec ses fils, Ronan et Pierre et avec sa femme, Jeanne occupe une bonne partie des fouilles archéologiques du petit-fils. La disparition de Paol, la mort de sa fille Lucie et le départ de Ronan pour Angleterre influencent profondément et à long terme le caractère de Jeanne, obligée d’élever toute seule son dernier né, Pierre. L’autrice relève avec finesse les liaisons étroites mère-cadet en même temps que le caractère formel, raide des relations entre les frères. Andreea Dobrescu se concentre sur la question de l’héritage . Marqué par discontinuité et déséquilibre , l’héritage définit le destin de la famille du narrateur et de soi-même. Pierre devient lui aussi point central de l’analyse, où l’on montre le deuil chronique, presque pathologique (26) qui empreigne sa personnalité et les connexions qu’il noue avec sa propre famille. L’ autrice identifie et argumente la correspondance entre le deuil, le silence auto-protecteur qui domine les relations familiales après la disparition du personnage-tabou et la honte du narrateur d’avoir transgressé la parole du père . L’analyse critique se combine finement avec la démarche policière, vu que l’autrice ne dévoile qu’à la fin de son approche l a conciliation père- fils par l’implication muette de Pierre dans le travail de récupération du passé familial, entrepris par le narrateur. La contribution de Roxana Maximilean portant sur le roman Petites scènes capitales (2013) de Sylvie Germain se concentre sur le devenir de l’enfant au sein de la famille recomposée et en connexion avec le milieu où il évolue. Le but assumé par l’autrice est double : présenter les relations qui se créent à l’intérieur d’une famille où la fratrie n’est pas seulement de sang et rédiger le portrait de l’enfant, en tant que protagoniste du roman. Cette dernière tâche se réalisera par le biais des notions diverses telles que famille recomposée, beau-parent, quasi-frère et demi-frère (36). L’analyse minutieuse concerne les relations qui se créent entre Lili – initialement fille unique – et les quatre enfants de la deuxième femme de son père. Roxana Maximilean présente le contexte créé par le remariage de Gabriel, le père de Lili, avec
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