AGAPES FRANCOPHONES 2023

378 Viviane, dont les enfants sont nés de trois pères différents. Roxana Maximilean examine ensuite les relations tendues entre Lili et les jumelles de Viviane, sa belle-mère, tension issue de la rivalité à l’affection des adultes . Une autre raison évoquée pour ce conflit est l’espace intime réduit : Lili doit partager la chambre avec les trois filles de Viviane. En même temps, vivre ensemble apporte un équilibre affectif au fur et à mesure qu’elles restent sous le même abri. L ’autrice envisage aussi les rapports entre l’aînée de Viviane – née d’un père inconnu – et Lili, la cadette de la famille. L’admiration va de pair avec l’association de Jeane -Joy à la mère biologique de Lili. Enfin, on évoque les relations de Lili et de Paul, de quatre ans son aîné et le seul garçon de la famille, ce qui lui assure certains privilèges. Tous ses proches regardent avec indulgence ses tribulations enfantines et adolescentes et l’instabilité de son caractère. Tout cela est dû à la recherche de la vérité absolue que Paul suivra à travers la croyance religieuse toute sa vie. L’autrice dévoile comme un détective les secrets de l’origine de Paul en réhabilitant l’image de Viviane. Roxana Maximilean souligne qu’il est possible, grâce à la cohabitation, de transformer des étrangers dans une famille et que l’enfant, en vivant quotidiennement à côté des personnes sans avoir aucun lien de sang, parvient à combler le sentiment d’appartenance qui lui manqu ait initialement. En revanche, la contribution de François-Didier Mvondo est dédiée à l’analyse comparative de la façon dans laquelle les romans Un papa de sang de Jean Hatzfeld (2015) et Petit pays de Gaël Faye (2016) mettent en scène le génocide des Tutsi par les Hutu au Rwanda en 1994 de la perspective des descendants des victimes et des bourreaux , petits enfants à l’époque . L’approche se propose de démontrer la capacité de la littérature de réécrire l’histoire immédiate et sa vocation réparatrice. L’intrigue, telle que M vondo le montre, est commune : trois temporalités différentes qui balancent entre le passé (souvenirs d’une enfance de guerre et de violence génocidaire), le présent (l’enfant d’hier, l’adolescent/ adulte d’aujourd’hui) et l’avenir (94). La démarche mémorielle a un rôle dominant. François Mvondo identifie une nouvelle figure agissant dans la littérature de l’extrême contemporain : l’enfant du bourreau et/ ou de la victime. L’auteur trouve un terme générique pour regrouper les enfants du bourreau : des patients

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