AGAPES FRANCOPHONES 2024
Dago Michel GNESSOTE _____________________________________________________________ 118 leurs messages. Dans un rythme binaire qui est une caractéristique du proverbe, ils parviennent à contenir l’ensemble du message. L’usage des symboles enfin est le moment pour l’artiste de mettre en relation des réalités sociales, des êtres, des phénomènes, etc. Zadi résume en des termes allusifs en parlant de la « symbolisation par métaphorisation » – « surtout passive car elle se contente de découvrir, de constater et d’exploiter stylistiquement des rapports analogiques existant objectivement entre les phénomènes, les êtres et les choses » (1981, 540). Sous ce registre, notons donc que le symbole n’est rien d’autre que la représentation d’une réalité en corrélation avec une autre en vertu d’une correspondance similaire. Le proverbe « Tu es une antilope morte, mais la corne vit toujours » est une parfaite illustration. L’artiste compare la structure de la corne lui permettant de résister au temps contrairement au reste de l’animal qui entre vite en décomposition. De même, les bonnes œuvres survivent à leurs auteurs. Dans la philosophie du Dida, la corne reste immuable. C’est pourquoi, elle est le symbole de la résistance. En procédant de la sorte, l’artiste traduit le caractère immuable, impérissable des exploits faits par le défunt. Conclusion À l’issue de cette étude, nous pouvons conclure que la transgénéricité est une nouvelle forme propre aux productions littéraires des artistes des générations actuelles. Elle obéit à une nouvelle esthétisation qui inclut plusieurs paradigmes. En effet, dans leur composition musicale, les artistes dida mêlent le proverbe au chant pour créer des effets de sens. Sous cet angle, ils convoquent maintes références d’ordre culturel, économique, philosophique, social, etc. Ainsi, parviennent-ils à produire des messages bien calibrés qui prennent en compte les aspirations de la communauté dont ils sont tributaires. Chez le Dida, cette tendance de la nouvelle identité du chant qui intègre les proverbes lui confère un statut architectural où rythmes, sonorités, symboles, images, fondus dans un même moule, interagissent à l’effet de produire le sens. C’est clair que le chant et le proverbe, construits sur une unique entité, constituent une œuvre d’art qui répond aux exigences de l’artiste-émetteur. Pour le Dida, solliciter un proverbe dans le chant répond à un souci de l’agrémenter pour mieux attirer l’attention de l’auditoire sur le contenu du message. Bibliographie B ENTOLILA , Fernand, Proverbes Berbères , Paris, L’Harmattan, 1993. B ONNET , Doris, Le proverbe chez les Mossi du Yatenga (Haute Volta) , Paris, Editions SELAF, 1982. C AUVIN , Jean, Comprendre les proverbes , Bar-le Duc, France, Edition Saint Paul, 1981. D IATTA , Nazaire, Proverbes joola de Casamance , Paris, Karthala, 1998. 118
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