AGAPES FRANCOPHONES 2024
Écrire depuis Berlin, penser la littérature Entretien avec Benjamin de Laforcade 1 Propos recueillis par Velimir MLADEN OVIĆ 2 Benjamin de Laforcade est une figure importante de l’extrême contemporain littéraire français. Né en 1993 à Toulouse, il vit et travaille à Berlin depuis 2017. Rouge nu , publié chez Gallimard en 2022, est son premier roman. En 2024, il publie Berlin pour elles , également chez Gallimard, un roman finaliste du Prix Femina et sélectionné pour le Prix Renaudot. V.M. : Comme tant d’autres écrivains, avez-vous commencé par écrire des poèmes, des nouvelles ? Racontez-moi vos débuts en littérature et l’aventure de votre première publication dans cette maison historique, patrimoniale qu’est Gallimard. B.L. : J’ai commencé effectivement par écrire des poèmes et des nouvelles, deux formes que j’ai toujours aimées en tant qu’écrivain et en tant que lecteur. À 18 et 19 ans, j’ai composé deux romans courts, plutôt des tentatives de romans dont la qualité très faible ne m’a pas découragé. Je ne les ai jamais relus, mais je possède encore les textes. Vers l’âge de 22 ans, avec un ami photographe et dessinateur, nous avons commencé à réaliser de petits projets d’écriture et de mise en relation texte-image. Poèmes composés à partir de dessins, photographies prises à partir de nouvelles, nous avons constitué plusieurs livrets et albums, tirés à une cinquantaine d’exemplaires, que nous avons distribués de façon très confidentielle à nos amis et notre entourage proche. Plus tard, avec un autre camarade, j’ai découvert l’Ouvroir de Littérature Potentielle lors des « Jeudis de l’OULIPO », conférences littéraires mensuelles organisées à la Bibliothèque François Mitterrand . L’écriture sous contrainte, l’idée de jeu nous a séduits, et nous avons auto-publié un recueil de textes courts, dont deux nouvelles de 10 pages. Ces deux nouvelles, que j’ai beaucoup retravaillées (il s’agissait de la première fois que je retravaillais sérieusement des textes), étaient d’une qualité très supérieure à mes productions précédentes. Il m’a semblé que j’étais prêt à fabriquer un texte plus long et plus ambitieux, j’avais en tête la trame 1 L’entretien publié ici est issu d’une rencontre littéraire organisée le 29 octobre 2024 par le Centre d’Études Romanes de l’Ouest de Timișoara (CSRT), en partenariat avec le Cénacle littéraire estudiantin « La Pléiade » de l’Université de Timi ș oara, et animée par Velimir Mladenovi ć et Ramona Malita 2 À présent, Velimir Mladenović est affilié à l’Université de l’Ouest de Timișoara en tant que chercheur postdoctoral, dans le cadre d’un projet financé par une bourse (du 1 er octobre 2024 au 30 septembre 2026) soutenue par l’Université de l’Ouest de Timisoara. 135
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