AGAPES FRANCOPHONES 2024

Variations de la violence au masculin dans la littérature féminine issue de l’immigration maghrébine Ioana MARCU Université de l’Ouest de Timişoara/Centre d’études francophones, Roumanie Résumé : Une des caractéristiques de la littérature issue de l’immigration maghrébine est le nombre important d’écrivaines osant sortir du silence auquel la communauté, la tradition et la religion condamnent la femme d’origine maghrébine. Si, à quelques exceptions près, elles donnent la parole à des héroïnes qui peinent à trouver le bon chemin, il est intéressant d’observer l’importance qu’acquièrent les personnages masculins. Le mâle , tout en occupant l’arrière -plan, fait toujours sentir sa présence même lors de son absence. La tradition a fait de lui le gardien des valeurs ancestrales, de l’honneur de la famille. Sa vie( -parenthès e) en France n’a rien changé de ces convictions et lorsque les « enfants du péché » tentent (et réussissent) de(/à) transgresser son autorité et sa discipline, il n’hésite pas à contrecarrer et à les détruire. Dans notre contribution, nous nous proposons d’analyser les différentes figures du mâle (qui fait parfois (du) mal) dans quelques romans issus de l’immigration maghrébine : Beur’s story de Ferrudja Kessas (1990), Ils disent que je suis une beurette de Soraya Nini (1993), Nuit d’encre pour Farah de Malika Madi (2000), Mon père, ce harki de Dalila Kerchouche (2003), Du rêve pour les oufs de Faïza Guène (2006) et Kiffer sa race de Habiba Mahany (2008). Abstract: (The Multifaceted Nature of Masculine Violence in Women's Writings from the Maghrebi Diaspora) One of the characteristics of the Maghrebian immigration literature is the large number of writers daring to emerge from the silence to which the community, tradition and religion condemn the woman of Maghreb origin. If, with a few exceptions, they give voice to heroines who are struggling to find the right path, it is interesting to observe the importance that male characters acquire. The male, while occupying the background, always makes his presence felt even during his absence. Tradition has made him the guardian of ancestral values, of the family honor. His life (parenthesis) in France has not changed any of these convictions and when the “ enfants du péché ” try (and succeed) to transgress his authority and discipline, he does not hesitate to thwart and destroy them. In our contribution, we propose to analyze the different figures of the male (who sometimes hurts) in some novels from the Maghreb immigration: Beur’s story by Ferrudja Kessas (1990), Ils disent que je suis une beurette by Soraya Nini (1993), Nuit d’encre pour Farah by Malika Madi (2000), Mon père, ce harki by Dalila Kerchouche (2003), Du rêve pour les oufs by Faïza Guène (2006) and Kiffer sa race by Habiba Mahany (2008). Mots-clés : violence, personnages masculins, littérature issue de l’immigration, banlieue, camps Keywords : violence, male characters, immigrant literature, suburbs, camps Introduction Au début des années 1980, une génération jusque-là marginalisée refuse de rester dans l’ombre et de subir en silence une existence marquée par l’anonymat, les agressions et les privations. L’été 1983 est marqué par de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des jeunes du quartier HLM des Minguettes, dans la banlieue sud de Lyon. 29

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