AGAPES FRANCOPHONES 2025
Entretien avec Éloïse COHEN DE TIMARY 307 dimension particulièrement vivante au travail de lecture entrepris tout au long des séances, en rendant perceptible la continuité entre écriture, réception et interprétation critique. Une partie de cette conversation est publiée dans la revue universitaire « Agapes francophones », afin de prolonger la réflexion et de la partager avec un public plus large. Éloïse Cohen de Timary, diplômée en sciences politiques, journaliste, rédactrice, a vécu quelque temps en Argentine. Elle a publié trois romans (jusqu’au moment de cet entretien) : Babylone underground (Serge Safran, 2015), Les amants météores (JC Lattès, 2020), Ce qu’il restera d’eux (JC Lattès, 2024). Velimir Mladenović (VM) : Dans votre premier roman Babylone underground , le personnage principal, Gaston, renaît en tant que femme, Marguerite. Une fois transformé en femme, il est prêt pour l’aventure, il vit à Buenos Aires dans un quartier de transsexuels. Éloïse Cohen de Timary (ECT) : Pour ce premier roman, je me suis inspirée d’un fait divers qui s’est passé au Royaume -Uni, en 2002, dans lequel un homme se faisait passer pour mort afin de toucher son assurance-vie et de recommencer une autre vie ailleurs. À partir de là, je me suis imaginé une tout autre histoire ; je me suis imaginé qu’il opérerait un changement radical et endosserait une identité de femme. Mon personnage, Gaston, s’est donc fait passer pour mort et il est devenu « Marguerite ». Sa nouvelle vie a alors pu commencer. Il quitte son petit village de Bretagne, dans l’Ouest de la France, et traverse l’Atlantique pour arriver en Argentine, à Buenos Aires, où il fait la rencontre d’une sorte de matrone charismatique, cheffe d’un clan de femmes transsexuelles. Et puis là, comme vous le dites, commence pour lui l’aventure d’une nouvelle vie : il rencontrera l’amour, mais aussi les ennuis. VM : Pourriez-vous expliquer le titre : Babylone underground ? ECT : Babylone Underground est un titre que j’ai voulu énigmatique, et qui mêle deux mots à fort pouvoir d’évocation. Je laisse donc chaque lecteur y mettre ce que son imaginaire lui suggère, mais il y résonne les idées de chute, de décadence, de marge, peut-être aussi d’irrévérence et de liberté. Pour moi il y aussi l’idée d’un monde disparu, mais qui survit malgré tout, un peu à l’image de mon personnage, Gaston, qui se fait passer pour mort et poursuit sa vie ailleurs.
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